Deux portraits par Lemasle préemptés par Malmaison


5/1/16 - Acquisitions - Rueil-Malmaison, Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau - Les portraits de deux frères attribués à Louis-Nicolas Lemasle ont été préemptés par le château de Malmaison lors de la vente organisée par Anne Gillet-Seurat et Nicolas Moretton le 28 novembre 2015 à Nanterre : estimés 2 à 3000 euros les deux, ils ont été adjugés 3 112 euros (avec les frais). L’aîné, Auguste Pierron (1786 - 1824) est peu connu (ill. 1) ; le second en revanche est Jean-Baptiste Alexandre Pierron (1790 - 1876), officier de bouche de la Maison de l’Empereur (ill. 2).


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Louis-Nicolas Lemasle (1788 - 1876)
Auguste Pierron
Huile sur panneau - 29 x 23,5 cm
Rueil-Malmaison, Musée national des
châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Photo : D. R.
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Louis-Nicolas Lemasle (1788 - 1876)
Jean-Baptiste Alexandre Pierron
Huile sur panneau - 29 x 23,5 cm
Rueil-Malmaison, Musée national des
châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Photo : D. R.

Il est tentant de penser que ces portraits ont été peints en même temps et qu’ils formaient des pendants. Alain Pougetoux souligne cependant que des différences les séparent. Les cadres - en bois (repeint) et cuivre doré - ne sont pas tout à fait les mêmes, pas davantage que la composition. Les deux hommes sont présentés en buste, l’un dans un cadrage plus resserré et sur fond neutre, l’autre devant un paysage, et c’est probablement l’île Sainte-Hélène qui se dresse à l’arrière-plan, dominée par le drapeau de la marine britannique. Enfin, les costumes que portent les deux frères ne semblent pas de la même époque. Celui d’Auguste est sans doute antérieur, et correspond davantage à la mode de la fin de l’Empire, alors que celui du cadet, plus sombre date plutôt des années 1825.

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Jazet Jean-Pierre-Marie (1788-1871)
d’après Charles de Steuben Charles (1788-1856)
La Mort de Napoléon, 1830
Aquatinte sur papier - 71,5 x 99,5 cm
Paris, Musée de l’Armée,
Photo : RMNGP

Hervé Cabezas signale que ces portraits sont inédits et ne figurent pas dans l’ouvrage qu’il a consacré Louis-Nicolas Lemasle. Le Musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin avait organisé une exposition et acquis plusieurs œuvres de cet l’élève de David, connu pour ses peintures troubadour. Il séjourna à Rome de 1812 à 1814, puis à Naples pendant dix ans, avant de rentrer en France. Il fut alors professeur de l’école de dessin de Saint-Quentin où il créa en 1833 le premier musée dont il fut le conservateur, puis fut nommé, en 1835, inspecteur des Monuments historiques de l’Aisne.

Une notice biographique est consacrée à Jean-Baptiste Alexandre Pierron dans le Dictionnaire historique de Sainte-Hélène1. Il fut d’abord chargé des approvisionnements de bouche et de la préparation des desserts aux Tuileries, puis devint chef d’office en 1814. Il accompagna Napoléon à l’île d’Elbe, puis à Sainte-Hélène ; son cahier des comptes est d’ailleurs un précieux document pour connaître de la vie de l’Empereur en exil.
Il est certes moins célèbre que Louis-Étienne Saint-Denis dit le mamelouk Ali, autre fidèle serviteur de Napoléon. Pourtant, comme lui, il fut membre de la mission à Sainte-Hélène en 1840 pour le retour des cendres, et fut fait chevalier de la Légion d’honneur par Napoléon III en 1854. Sa signature sur le tableau est d’ailleurs précédée du « C », de chevalier, fier qu’il était de son titre.
Alain Pougetoux rappelle que Pierron figure dans le tableau de Steuben, la Mort de Napoléon, qui fut gravé par Jazet (ill. 3). Il se tient debout de profil, à droite, près du ciel de lit, juste derrière le général de Montholon.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 5 janvier 2016


Notes

1Éditions Tallandier, 2004.





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