Deux nouveaux tableaux pour le Nationalmuseum de Stockholm


29/12/15 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - Deux tableaux ont récemment été acquis par le musée de Stockholm. Le premier est un Christ en croix attribué à Jean Ranc. Il a été mis en vente à Drouot par Daguerre le 26 novembre dernier et adjugé 22 320 euros.
La croix se dresse sur le Golgotha, l’ombre a recouvert ce paysage rocheux, mais elle est transpercée par un rayon - céleste - qui vient souligner la blancheur de Jésus et l’entourer d’un halo. Le jeu de clair-obscur, outre son effet dramatique, permet de renforcer l’idée que le Christ est la lumière qui luit dans les ténèbres. Le drapé flottant du périzonium se mêle aux nuages, là encore de manière théâtrale. L’œuvre a gardé son cadre d’origine, un superbe cadre Louis XIV couronné de deux têtes d’angelots ailés dans les nuées.
Un « Christ en croix dans sa bordure dorée  » est signalé dans la liste des tableaux laissés par Ranc chez sa belle-mère, à son départ en 1722 pour Madrid où il fut peintre du roi d’Espagne à l’instigation de son maître Hyacinthe Rigaud.
La notice du catalogue de vente signale que cette peinture est assez proche de celle de son père, Antoine Ranc, qui se trouve dans la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier. Elle vient rejoindre à Stockholm le portrait d’une femme en Pomone autrefois attribué à Santerre et qui est aujourd’hui donné à Jean Ranc.


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Attribué à Jean Ranc (1674-1735)
Christ en Croix
Huile sur toile - 91 x 61 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Daguerre
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Amalia Lindegren (1814 – 1891)
Etude d’homme en habit turc, 1854
Huile sur toile - 73,5 x 58,5 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum

L’autre peinture récemment acquise est l’étude d’un homme barbu en habit turc par Amalia Lindegren (1814-1891). Présenté en buste, de trois-quarts, sur fond neutre, il a la tête baissée et semble absorbé dans ses pensées. Il est coiffé d’un lourd turban blanc rayé de rouge, vêtu d’un manteau vert et d’un gilet brodé d’or. On ne sait s’il s’agit d’un personnage biblique, historique ou s’il témoigne simplement d’un attrait pour l’exotisme oriental. Cette peinture fut réalisée lorsque Lindegren se trouvait à Munich ; elle fut ensuite envoyée en Suède où elle servit de prix dans une loterie de Noël organisée par l’Association suédoise pour l’art en 1854. Elle fut gagnée par Frederik Bergwall, un industriel de Norrköping, resta dans la famille jusqu’à aujourd’hui et a été acquise auprès des descendants.
Lindegren (1814-1891) était connue pour ses portraits et ses scènes de genre. Elle est l’une des rares femmes à avoir été admises à l’Académie royale de Suède en 1849, et fut la première à bénéficier en 1850 d’une bourse pour partir étudier à l’étranger. Elle resta à Paris jusqu’en 1856, où elle fut l’élève de Léon Cogniet et d’Ange Tissier. Elle séjourna un temps à Düsseldorf et à Munich, puis à Rome.
Le musée conserve plusieurs de ses œuvres, parmi les plus célèbres une Fillette avec une orange peinte en 1855 et le Petit déjeuner mettent en scène des enfants.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 30 décembre 2015





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