Claude Goasguen, maire du XVIe, prêt à en découdre pour la Maison de Balzac


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La Maison de Balzac vue de la rue Berthon
A l’arrière-plan, l’une des maisons de la parcelle qui doit être vendue
Photo : Didier Rykner

Nous avons interrogé Claude Goasguen, maire UMP du XVIe arrondissement, à propos de la vente par la Mairie de Paris du terrain adjacent à la Maison de Balzac et des constructions du XVIIIe siècle dont l’acquisition avait été effectuée il y a une dizaine d’années pour permettre l’agrandissement de la Maison de Balzac.

Est-il normal de décider de vendre le terrain qui devait servir à l’agrandissement de la Maison de Balzac sans que le maire d’arrondissement soit au courant ? Est-ce qu’il n’aurait pas dû y avoir un débat au Conseil de Paris ?

Ce n’est absolument pas normal, mais c’est malheureusement une pratique de plus en plus fréquente. La mairie de Paris prend ses décisions sans nous consulter et nous demande ensuite un avis conforme. Je suis consterné par l’abandon d’une politique culturelle qui permettait de réhabiliter la colline de Chaillot alors qu’on est en train de restaurer Galliéra et le Palais de Tokyo.
Mais Balzac, ce n’est pas seulement Passy, c’est Paris, c’est la France. Balzac, c’est l’auteur français par nature. On va mettre Dieu sait quoi à côté de cette maison qui est déjà fort petite. Alors qu’il y a des habitations troglodytes et qu’on pourrait faire aussi quelque chose vers le Musée du Vin puisque la cave de Balzac donne sur l’actuel Musée du Vin qui se trouve sur les quais.

Avez-vous connaissance des études « montrant que le projet d’agrandissement est difficile et coûteux à mener », si l’on en croit Danièle Pourtaud ?

Je ne suis au courant de rien du tout. J’ai découvert cette affaire par la presse juste avant le Conseil d’arrondissement et j’en suis encore stupéfait.
On nous dit que c’est trop cher ? Quand on sait ce qu’a coûté le 104 ! Je ne vois pas l’intérêt pour la ville de faire une promotion immobilière sur 900 m2 qui sera forcément en hauteur, même si la Maison de Balzac est protégée. Un promoteur n’est pas là pour perdre le maximum d’argent. Ce qui est sûr, c’est qu’on fera le maximum pour l’empêcher de construire.

Comment allez-vous vous y opposer ?

Dans ce cas précis, il est certain que nous ne nous laisserons pas faire. Le délai de dépôt des candidatures a été très rapide puisqu’il s’est terminé le 1er juillet, en espérant que cela serait oublié après juillet et août. Mais cela ne marchera pas.
Sur le plan juridique, ils vont souffrir, car les problèmes de destruction, de construction, on connaît, Delanoë nous fait le coup à chaque fois. Dès septembre, nous allons lancer une pétition et une action juridique. J’ose espérer que la Mairie de Paris comprendra qu’elle va devoir reculer.

Propos recueillis par Didier Rykner


La Tribune de l’Art, mercredi 20 juillet 2011





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