Cinq dessins français du XVIIe siècle acquis par le Louvre


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1. Simon Vouet (1590-1649)
Portrait d’Angélique Vouet
Pastel
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre

20/4/07 – Acquisitions – Paris, Musée du Louvre – Le département des Arts Graphiques vient de bénéficier, en 2006, d’une importante dation de quatre pastels1, trois de Simon Vouet et un de Louis XIII qui fut l’élève du peintre, comme le raconte Félibien2 : « Sa Majesté voulut que Vouet lui apprît à dessiner et à peindre de cette manière [le pastel] afin de pouvoir se divertir à faire les portraits de ses plus familiers courtisans ». Il ne s’agit pas d’un ensemble réuni a posteriori par un collectionneur, mais de dessins provenant d’un fonds très ancien, remontant peut-être directement à l’atelier de l’artiste.

La première feuille représente une enfant portant une colombe, symbole de la pureté. Le modèle a été identifié avec Angélique, la fille de l’artiste, née le 13 mai 1630, qui épousa plus tard Michel Dorigny. Si un des pastels est indubitablement un portrait, celui d’un homme anonyme (ill. 2), le troisième, figurant une femme, fait plutôt penser à une étude pour une Vierge, même si aucune correspondance avec un tableau connu ni avec une gravure n’a pu être trouvée.


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2. Simon Vouet (1590-1649)
Etude de tête de femme
Pastel
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre
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3. Simon Vouet (1590-1649)
Portrait d’homme
Pastel
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre

Les pastels de Vouet sont mieux connus depuis l’article de Barbara Brejon de Lavergnée (voir note 1). Elle les a rattachés à deux albums mentionnés dans l’inventaire après décès du peintre, l’un contenant «  soixante-quatre feuilles tant de portraits au pastel que autres coses dudit deffunt Vouet  », le second « quinze testes de portrais designes par led. deffunt ». Le Louvre ne conservait jusqu’ici que deux portraits dessinés de Vouet, celui d’un Homme, vu en buste, tenant un livre à la main, et un Portrait de fillette, attribué à Le Sueur jusqu’en 1982 et rendu à Vouet par Barbara Brejon de Lavergnée.

La quatrième feuille faisant partie de la même dation est un très sensible pastel par Louis XIII (1601-1643), Portrait en buste de René Potier Duc de Tresme (ill. 4). La description des atteintes de l’âge du personnage n’est pas sans rappeler un peu Lagneau, dans ses œuvres les moins caricaturales. De ce roi, qui fut aussi un artiste accompli, on connaît notamment le Portrait de Claude Deruet, feuille datée de1634 conservée au musée lorrain de Nancy, et deux autres portraits dessinés conservés l’un au Musée Condé de Chantilly, l’autre à la Bibliothèque nationale de France à Paris.

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4. Louis XIII (1601-1643)
Portrait en buste de René Potier Duc de Tresme
Pastel
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre
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5. Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681)
Etude de moine
Pierre noire - 28,2 x 19 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Galerie Stéphane Pinta

Complétons cette brève consacrée à des acquisitions récentes de dessins du XVIIe siècle français par un Moine en prière de Jean-Baptiste de Champaigne (ill. 5), acquis par le Louvre chez Stéphane Pinta, à Paris. Il est préparatoire à L’enfant ressuscité de Philippe de Champaigne et de son atelier faisant partie du cycle de la Vie de saint Benoît pour le cloître du Val-de-Grâce (Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts). Cette œuvre, dont l’attribution a oscillé entre le maître lui-même et ses élèves Nicolas de Plattemontagne et Jean-Baptiste de Champaigne, sera exposée au Musée des Granges de Port-Royal dans une prochaine exposition consacrée aux dessins de Philippe de Champaigne. Rappelons que le musée de Lille ouvrira la semaine prochaine une rétrospective sur Philippe de Champaigne et que son atelier fera l’objet d’une autre exposition, au musée d’Evreux3.


Didier Rykner, vendredi 20 avril 2007


Notes

1Citation reprise de l’article de Barbara Brejon de Lavergnée, « Some new pastels by Simon Vouet : portraits of the court of Louis XIII », The Burlington Magazine, n° 956 vol. CXXIV, novembre 1982, p. 689-693.

2Cette technique est qualifiée de pastel. Il s’agit plutôt de l’utilisation de craies de couleur en manière de pastel. Neil Jeffares, dans son Dictionary of pastellists before 1800, ne retient pas ces œuvres comme des pastels, probablement à raison. Nous maintiendrons cependant ici ce terme, par commodité.

3A l’école de Philippe de Champaigne, 18 novembre 2007 - 17 février 2008.





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