Bacchanales modernes ! le nu, l’ivresse et la danse dans l’art français du XIXe siècle Contenu abonnés


Bordeaux, Musée des Beaux-Arts, du 12 février au 23 mai 2016

Ajaccio, Palais Fesch-musée des Beaux-Arts

C’est un viol, ou presque, que Géricault met en scène : une nymphe attaquée par un satyre se débat dans la pierre et le bronze1 (ill. 1). La bacchante de Pradier, en revanche, est plus consentante, évoquant davantage un abandon joyeux à la jouissance, dans un groupe en marbre qui fit scandale au Salon de 1834 (ill. 2). Si l’étreinte des satyres et des ménades est un sujet traité dès l’Antiquité, Géricault et Pradier dédaignent la beauté idéale et utilisent le mythe comme prétexte pour montrer l’érotisme de corps qui se cabrent et se cambrent.


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1. Théodore Géricault (1791-1824)
Nymphe attaquée par un satyre
ou Satyre et Bacchante ou Jupiter et Antiope, vers 1818
Rouen, musée des Beaux-Arts
Photo : RMN-Grand Palais / Philipp Bernard
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2. Vue de l’exposition
James Pradier, Satyre et Bacchante, 1834
Henri Gervex, Satyre jouant avec une bacchante, 1874
Jean-Antoine Injalbert, Poèmes idylliques païens, 1904
Photo : bbsg

L’orgie a lieu au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, ville bachique par excellence où chaque année se déroule la fête du vin. L’exposition analyse comment la figure mythologique de la Bacchante ressurgit dans l’art au XIXe siècle et finit par incarner la modernité dans des œuvres à la frontière entre la grande peinture d’histoire et la scène de genre. Certes, elle est déjà présente dans l’art des siècles précédents, mais reste souvent dans l’ombre de Bacchus, sujet principal des compositions. Au XIXe, au contraire, ce sont les personnages du thiase, le cortège bachique, qui retiennent l’attention des artistes : une exposition en 2004 s’intéressait au faune au temps de Mallarmé2, c’est au tour de la Bacchante (ou Ménade) d’être étudiée. Prêtresse de Bacchus (ou de Dionysos), elle a des attributs précis : une peau d’animal sauvage (la panthère souvent), une coupe de vin, une couronne de lierre ou de pampres, un thyrse enfin, ce grand bâton terminé par une pomme de pin.

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3. Jean-Léon Gérôme
Anacréon, Bacchus et l’Amour, 1848
Huile sur toile - 136 x…

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