Acquisition d’un diptyque en ivoire byzantin par le Louvre


1/3/13 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Après avoir été reconnu Trésor national, un diptyque du XIIIe siècle sculpté dans l’ivoire, qui se trouvait en mains privées et devait être mis en vente, a finalement intégré les collections du Louvre.
Marie-Christine Labourdette a rappelé que la qualification de « Trésor national » n’est que le début d’une course contre la montre afin de trouver les fonds nécessaires à l’acquisition de l’objet ainsi qualifié ; c’est désormais chose faite pour cet ivoire et Henri Loyrette s’est quant à lui félicité de ce dispositif fiscal qui permet d’éviter - plus ou moins - l’évaporation du patrimoine. Rappelons que la loi du 1er août 2003 sur le mécénat, les associations et les fondations vient compléter la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, offrant aux entreprises mécènes des avantages fiscaux encourageants. Le groupe international d’audit et de conseil Mazars a ainsi largement contribué à l’acquisition de cette œuvre, comme il l’avait déjà fait pour La Fuite en Égypte de Poussin en 2007 (déposée au Musée des Beaux-Arts de Lyon), le Comte Molé d’Ingres en 2009 et Les Trois Grâces de Cranach en 2010.


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1. Diptyque représentant la Nativité,
la Crucifixion et dix-huit prophètes,
Constantinople, XIIIe siècle
Ivoire - 29 x 21,6 x 1,1cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : 2013 Musée du Louvre/ Thierry Ollivier
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2. Revers du diptyque
Constantinople, XIIIe siècle
Ivoire - 29 x 21,6 x 1,1cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : 2013 Musée du Louvre/ Thierry Ollivier

Cet ivoire représente d’un côté la Nativité dans une composition complexe qui montre Jésus dans la crèche puis lavé par deux femmes et, de l’autre la Crucifixion, beaucoup plus dépouillée. En-dessous, une ribambelle de personnages décline de manière assez vivante les dix-huit prophètes qui annoncèrent ces deux événements clés du Nouveau Testament ; chacun d’eux est identifié en grec au-dessus de sa tête tandis que sur les bords de l’œuvre inscriptions commentent les deux scènes, l’une signifiant (approximativement) : « Toi Verbe comment es-tu né d’une jeune fille pure » et l’autre « Les paroles des prophètes s’accomplissent ici... ».
Comme le rappelle Jannic Durand, ce diptyque se distingue par ses grandes dimensions, la recherche de monumentalité et la qualité de la sculpture, par certaines particularités iconographiques également. Sa forme courbe dans la partie supérieure, qui rappelle celle d’un retable, le décor de croix au revers et les inscriptions sont autant d’éléments que l’on retrouve sur deux autres diptyques, l’un conservé dans le Trésor de la cathédrale de Chambéry et l’autre au musée de Varsovie ; ces trois pièces pourraient provenir du même atelier, réalisées par des artisans de l’Empire d’Orient qui ont assimilé les influences de l’Occident, annonçant déjà la renaissance des Paléologues.

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 1er mars 2013




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