Victoria Cabanel : la reine du sixième jour


Face aux célébrités médiatiques, il subsiste bien des héros anonymes qu’ignore la mémoire collective. L’hommage rendu ici à une marchande d’art mécène et cultivée, dont la présence enchanta pendant trois décennies la brillante génération des historiens d’art français apparue au début des années soixante-dix, permet de faire revivre une figure ignorée du grand public, mais qui sut ressusciter, en toute innocence, l’art des grandes dames qui tinrent salon aux XVIIIe et XIXe siècles.

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Jean-François Millet (1814-1875)
Le Christ à la Colonne
Mine de plomb - 23 x 13,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/Thierry Le Mage

Tout comme son homonyme qui régna en tant qu’impératrice sur les Indes lointaines, et en souveraine sur une Angleterre dure aux malheureux et une Irlande affamée, elle était d’apparence extraordinairement petite et frêle ; et l’on n’aurait osé, devant elle, ni allumer un cigare ni parler de sexe (« We are not amused »). Cependant, elle avait tout d’une reine, du moins ainsi apparaît-elle dans le souvenir de ceux qui fréquentèrent, pendant plus d’un quart de siècle, ce qu’il faut bien désigner du terme galvaudé de son « salon ». Ou devrait-on plutôt parler de « son jour », comme au temps des romans de Balzac ou des mondanités des Goncourt ? Le sixième jour de la semaine, celui où, dit-on, un dieu unique eut l’étrange idée de créer l’homme à partir du limon.

Avant même de connaître l’existence de ses « samedis », je rencontrai Victoria Cabanel au printemps de 1974. Étudiant à l’École du Louvre, je m’étais soudain mis à fréquenter l’Hôtel Drouot, croisant de ci de là mes professeurs, qui n’étaient autres que les conservateurs du Musée. Un Musée qui, à l’époque, ignorait tout de la recherche de mécénat, de la manipulation des médias ou de la quête intensive du public. Et c’était encore le vieil Hôtel Drouot, colonnes de marbre et hautes salles du premier étage tendues de velours cramoisi, là où s’étaient déroulées tant de ventes célèbres, et qu’avaient hanté tant de figures de « curieux » depuis plus d’un siècle, disparaissant à travers une foule compacte de « chineurs » plus ou moins malodorants. On a du mal à imaginer de nos jours ce monde dénué de panneaux électroniques affichant la montée des enchères en six monnaies différentes, et dans lequel, dans les salles plus modestes du rez-de-chaussée, lieu des ventes non cataloguées, s’entassaient réfrigérateurs et sommiers défoncés. On y remarquait aussi quantité de tissus chatoyants, rideaux de brocarts ou écharpes de soie, débordant des manettes, brillants ou usés, qu’une petite dame, marchande à la toilette au marché Biron, manipulait avec intérêt. C’était là Clara Cohen, la sœur demeurée célibataire de Victoria Cabanel, avec qui elle avait toujours vécu : le nom évoquait un peintre académique alors bien oublié, l’auteur de la Naissance de Vénus qui rivalisa avec celle de Paul Baudry (La Perle et la Vague) au Salon de 1863, pendant qu’un certain Edouard Manet exposait aux Refusés un autre genre de nu féminin. Mais c’était aussi le patronyme d’un chanteur fameux, la basse qui tint longtemps le rôle de Gaulo dans le Pelléas de Debussy. Mais non, me dit Victoria la première fois que nous parlâmes ensemble, elle ne descendait pas du peintre, mais se trouvait bien être, par alliance, la nièce du chanteur. Elle avait en effet épousé son neveu, lui-même interprète d’opérettes, qui l’avait entraînée sur les planches, dans les tournées provinciales de sa jeunesse des années trente, incarnant Louise aussi bien que Mimi. L’âge venant, le chanteur s’était mis à la brocante, une enfant était née qui devait mourir à treize ans et dont jamais Victoria ne nous montra la moindre image, comme si elle n’en possédait pas de photographie ou s’interdisait de la dévoiler ; puis, après la mort de son mari, elle demeura seule à tenir la boutique, 76 rue de Seine, où je pénétrais pour la première fois, très officiellement et formellement convié, un samedi après-midi du printemps 1976.

Invité par qui ? Par l’hôtesse, bien évidemment. Mais je n’étais pas assez innocent pour ignorer qu’il avait fallu auparavant, sans bien m’en rendre compte, passer devant tous ceux qui se regroupaient là une sorte d’examen informel, auquel beaucoup, je le compris plus tard, se désespéraient d’avoir échoué sans motif apparent. En 1974, j’avais commencé à collectionner, et sans doute les hôtes du Salon Cabanel m’avaient-ils considéré, soupesé et jugé, petit à petit, dans une sorte de Mane, Tecel, Phares indulgent, admettant que j’étais digne de pénétrer dans un cercle où la seule règle était de ne pas répéter à l’extérieur ce qui s’y disait, au cours de réunions qui tenaient autant du saint office que de la fête entre amis.

On y célébrait, à travers les plaisirs de la conversation, une sorte de permanence consacrée à la vie des œuvres d’art et à ceux qui en faisaient leur pratique journalière. Vue d’en bas, la galerie ressemblait à tant d’autres du quartier, à quelques détails près : une petite pancarte, d’abord, qui indiquait que l’antiquaire pratiquait la vente exclusive aux musées ; ceci afin d’écarter les fâcheux et les importuns, dont beaucoup ne se laissaient d’ailleurs pas impressionner par cet interdiction et appuyaient néanmoins sur la sonnette, accueillis alors avec un manque d’aménité qui ne décourageait que les moins roués d’entre eux. Ce tableau que l’on avait aperçu à travers la vitrine, combien valait-il en fait ? Hélas, monsieur, il n’était pas à vendre, ou alors déjà retenu. Mais alors ce dessin, dont on devinait à moitié le graphisme délicat dans l’ombre d’un recoin, à qui était-il attribué ? Personne ne saurait garantir son authenticité, mais le prix péniblement annoncé rejoignait celui de maints chefs d’œuvre du passé. Au centre de la boutique, une ancienne enseigne ravissement ornée par un élève de Le Sueur de deux anges volant dont les trompettes se détachaient sur un fond bleu canard, semblait symboliser la dualité de la Renommée, annonçant à la fois la gloire de la Peinture et la nécessaire expulsion de la Finance d’un lieu qui n’était habité que par la délectation, telle que Nicolas Poussin l’avait établie, en une lettre célèbre à son ami Chantelou, comme but unique de l’Art.

C’était donc là un non-lieu de commerce d’art. Celui, plus positif, dévolu à la parole, se situait à l’étage supérieur. On y accédait par un minuscule escalier en colimaçon, dont la paroi était ornée à touche-touche d’esquisses de Vien ou de Deshays, de croquis de Moitte ou de La Fage. Un petit palier desservait d’un côté une grande chambre à coucher encombrée de toiles posées à même le sol, là où je verrais bien des années plus tard Clara gisante dans son lit avant que sa sœur ne la remplace ensuite. De l’autre côté, on trouvait une cuisine, un cabinet de toilette, et la fameuse pièce, une ancienne salle à manger, peu à peu devenue par la force des choses, bien qu’une grande et large table en noyer Louis XIII en occupât toujours le centre, le Salon Cabanel. On explique, rapporte-t-on, ses mystérieux et légendaires débuts par l’habitude prise par quelques conservateurs de passer dans la boutique pour y voir les nouveautés ; un beau jour, Victoria leur offrit à boire, puis leur suggéra de monter à l’étage, et c’est ainsi que la pratique fut établie de ces rencontres au départ impromptues.

Je ne connais que deux textes qui mentionnent –fort brièvement, et comme au détour d’une phrase- ce lieu étroit qui tiendrait pour certains d’entre nous au cours des années une place si considérable. Le premier, c’est la préface du catalogue du legs de Mathias Polakovits à l’École des Beaux Arts en 1989, dans lequel quelques-uns de ses amis, signant de concert, évoquaient le rire de Mathias qui y avait si souvent retenti, « ainsi que sa voix forte et son accent léger. Là, on échangeait aussi les nouvelles des ventes, des expositions, des articles récents, jamais assez nombreux, où reprenaient vie certains de ses protégés oubliés ». Ce fut quelques années plus tard, à l’occasion de la remise de l’épée d’académicien à Pierre Rosenberg, sous la pyramide du Louvre, que Jacques Thuillier évoqua Victoria comme l’une des fées qui s’étaient heureusement trouvées sur le chemin du nouvel immortel, expliquant combien il avait pu bénéficier de la « confiance totale » qu’elle inspirait et du « dévouement » qu’elle symbolisait, un témoignage imprimé à la suite des deux discours de réception.

Tous les samedis, en effet, c’était bien une forme de dévouement qui poussait Victoria à se transformer en déesse de l’Abondance, transformant la sombre table en un lumineux buffet couvert d’assiettes de petits fours et de pâtés en croute, disposés autour d’un superbe samovar en argent qui servait à ébouillanter un thé particulièrement fort, étonnamment épais et à peine buvable. Elle aimait à organiser sa table comme une nature morte, et il lui arriva plus d’une fois, à l’instar de Chardin, d’orner d’un œillet ou d’une rose piqués en son centre l’une des épaisses brioches à la croûte dorée et à l’intérieur si tendrement moelleux acquise le matin même à la pâtisserie voisine. On s’asseyait là, sans protocole, dans l’ordre incertain des arrivées, Mathias occupant longtemps le fauteuil à bascule, près de la petite fenêtre carrée qui donnait sur la Rue de Seine et par laquelle on pouvait surveiller l’identité des nouveaux arrivants. Une longue bibliothèque grillagée en bois sculpté du XVIIIe siècle, qui faisait presque le tour de la pièce, laissant quand même assez de place pour que soit accroché au mur une grande académie peinte si proche de David qu’elle aurait pu revenir à Jean-Germain Drouais, regorgeait de livres d’art et de catalogues de ventes, certains rarissimes et réunis au fil des années d’après-guerre, lorsque l’inflation des publications en ce domaine n’avait pas encore atteint le niveau de l’ingérable, pour ne pas dire aujourd’hui de l’incontrôlable. Souvent, l’un ou l’autre s’emparait d’un de ces volumes, et c’étaient des discussions à n’en plus finir sur l’attribution de telle ou telle œuvre reproduite, ou encore sur le manque regrettable d’ « œil » dont avait fait preuve le malheureux auteur de l’ouvrage…

Toujours coiffée d’un stricte chignon, vêtue d’un sarreau noir qui rappelait peut-être le deuil de son enfant perdue, la taille ceinte d’un tablier qui évoquait immanquablement pour moi celui de madame de Villeparisis peignant des fleurs devant ses invités, madame Cabanel nous reçut ainsi, pendant plus d’un quart de siècle, tous les samedis ou presque, de cinq à huit.

A peu près à mi-parcours d’un des plus beaux romans jamais écrits, The Great Gatsby de Francis Scott Fitzgerald, l’auteur a inséré un chapitre aussi étrange qu’inattendu : la longue liste de tous ceux qui, nous confie le narrateur de l’histoire, se rendirent aux mirifiques soirées données par Gatsby tout au long d’un été, alors que celui-ci n’organisait ces fêtes que pour attirer la seule femme qu’il eut jamais aimée, et qui demeurait de l’autre côté de la baie. Mais, si la liste des visiteurs de Gatsby n’est en fait qu’une longue litanie d’existences douteuses, de médiocres profiteurs et d’individus dont le destin est d’être voués à l’échec, celle que je pourrais évoquer quant aux nombreux intimes du salon Cabanel présenterait, je crois, une toute autre tonalité : une riche compagnie de savants professeurs, de brillants conservateurs, d’historiens d’art, d’amateurs, parfois flanqués d’épouses, parfois même accompagnés d’enfants, dont l’hôtesse appréciait la présence avec une tendresse mélancolique. En fait, tout ce que l’histoire de l’art française, ou plutôt l’histoire française de l’art, comporta de meilleurs dans cette époque bénie qui succéda à celle des vieux fonctionnaires du Secrétariat aux Beaux-Arts de la Quatrième République et des premières années de l’ère malrucienne, se devait de passer par là un jour ou l’autre. L’Université et le Département des Peintures du Louvre en formèrent le noyau dur, avec quelques pièces rapportées du Cabinet des Dessins (on ne disait pas encore le Département des Arts Graphiques) ou des Antiquités Orientales (Annie Caubet, qui l’aida d’une piété filiale lorsqu’elle dut organiser un déménagement inattendu), ainsi que quelques représentants, non pas, comme dans une peinture de Le Brun dans la Galerie des Glaces à Versailles, des Nations éloignées, mais simplement des institutions provinciales. Parfois, il nous arriva d’être une vingtaine autour de la table, renforcés par la venue d’étrangers qui soudain réapparaissaient, comme le charmant Dewey Mosby, l’un des premiers conservateurs noirs américains, que les chauffeurs de taxi prenaient pour l’acteur Morgan Freeman , ou de hauts représentants de la pensée politique, comme Raymond Aron ou Allan Bloom.

On y comptait par contre bien peu de marchands d’art, bien que Victoria, de par son métier, ait eu à en fréquenter de nombreux à l’Hôtel Drouot, et s’amusait souvent à évoquer leurs mœurs si particulières, les révisions auxquelles elle avait dû assister après les ventes aux enchères dans les arrière-salles des cafés de la rue de la Grange-Batelière, ou encore les partages qui tournaient rarement à l’avantage de son mari, surtout lorsque le couple travailla de concert avec Henri Baderou, dont la fabuleuse collection fait aujourd’hui partie des richesses du musée des beaux-Arts de Rouen. Après les achats en compte à demi venait en effet le moment délicat de la répartition, et il semble que Baderou ait bien souvent su se tailler la part du lion. C’était d’ailleurs, au physique, un personnage extraordinaire, grand et famélique, quelque peu malpropre et dont l’aspect évoquait celui d’un saurien dressé sur ses pattes de derrière ; mais sa documentation patiemment amassée recelait des trésors (on dut la soumettre à la fumigation lorsque le Louvre l’acquit à son décès) et sa science des choses était inégalée. Je me souviens d’un après-midi où je me trouvais seul avec Victoria (car il m’arrivait de lui rendre visite en d’autres occasions que le fameux jour) et où elle me montra, avant de la déchirer dans un geste d’irritation, l’extraordinaire lettre où Baderou lui racontait minutieusement, page après page, un voyage entrepris avec sa femme dans une ville d’eau, avant d’annoncer, au tournant du cinquième feuillet, qu’elle était tombée dans un bain de boue brûlante et était décédée. Le pauvre homme était d’ailleurs un peu amoureux de notre Victoria, que l’idée de tout rapprochement entre eux deux repoussait particulièrement. Elle eut aussi à souffrir, mais sur un tout autre mode, les assauts d’un autre marchand-collectionneur dont la belle collection a terminé également dans un musée de province, celui de Dijon. Pierre Granville, qui tenait dans Le Monde sous le grand nom de Chantelou une chronique des ventes à la prose fortement alambiquée, la serra longtemps de près pour qu’elle lui cédât un sublime dessin de Jean-François Millet au crayon noir, un Christ à la colonne qu’il avait juré de lui arracher. Au bout du compte, notre exquise amie ne vit plus qu’une solution, guidée par son seul désintéressement, et courut offrir la feuille au Louvre, sans d’ailleurs jamais admettre que son nom soit cité en tant que donatrice.

Quelques autres fâcheux furent peu à peu évacués, comme un couple de collectionneurs financièrement fort à l’aise mais qui se plaignait toujours d’être sans le sou. Parmi les ennemis de Victoria, il fallait aussi compter les souris, dont elle avait une peur affreuse, disposant des pièges empoisonnés dans tous les angles du salon. Un beau jour, nous vîmes une de ces innocentes petites bêtes traverser furtivement la pièce et se ruer dans la salle de bains, qui formait comme un cul-de-sac. Jacques Thuillier demanda une lampe de poche, s’introduisit dans le cabinet toutes lumières éteintes, et referma la porte sur lui. Quelques minutes plus tard, il ressortit, toujours impeccable dans son costume trois pièces, accompagné d’un sinistre bruit de chasse d’eau qui augurait mal de la fin du pauvre rongeur. Et tout fut dit.

Certains d’entre nous furent parfois accueillis par des applaudissements et une standing ovation, comme lorsque ce même Jacques Thuillier fut élu au Collège de France où lorsqu’Antoine Schnapper devint professeur à la Sorbonne. D’autres fois, au contraire, des tensions se faisaient perceptibles, et une brouille qui intervint entre deux conservateurs du Louvre fit qu’ils occupèrent des années le terrain sans s’adresser la parole, sinon par personne interposée ; ce qui fit que j’eus plus d’une fois l’impression, les fins de soirée où je me retrouvais seul avec eux deux, aucun ne voulant céder la place, d’être devenu une des bandes feutrées d’un billard dont les habiles joueurs se servent pour établir leurs rebonds…

Les années passant, ce qui était devenu une institution se maintint. Des difficultés financières, redoutées depuis longtemps par tous ceux qui bénéficiaient de son incroyable générosité, obligèrent Victoria – Toria, comme nous l’appelions affectueusement - à quitter l’appartement qu’elle occupait à l’autre bout de Paris et à s’installer définitivement Rue de Seine. C’est là que nous la vîmes les derniers temps, malade et ne pouvant plus guère se lever, mais écoutant depuis sa chambre nos conversations de salon. Je la revois en d’autres circonstances, si heureuse à l’Opéra Garnier où elle adorait entendre et juger les chanteurs, appréciant tessitures et contre-uts en vraie praticienne de cet art. Ou encore, le jour où eut lieu la remise du Festschrift de Pierre Rosenberg au Louvre, seule assise avec Liliane de Rothschild au pied de la tribune, parodiant innocemment les postures des deux nobles figures de l’Iliade et de l’Odyssée dans L’Apothéose d’Homère d’Ingres.
Son empire ne s’étendait pas sur Windsor ou sur Balmoral, mais Victoria fut néanmoins pour nous tous une reine : droite et pure, incapable de compromissions, généreuse, on l’a déjà dit et répété, au-delà même de ce que peut signifier ce mot. Mais que reste-t-il de toutes ces conversations de salons, d’amitiés éprouvées par le Temps, ou de détestations au contraire adoucies par les années ? Les découvertes que nous nous apportions les uns aux autres, les mots d’esprit échangés, les commentaires sur le quotidien ou sur le devenir des choses, la mémoire de tout cela ne doit plus flotter dans la petite pièce qui a cessé d’être même un salon. L’escalier qui y menait depuis la galerie d’en bas est aujourd’hui et pour toujours muré.


Louis-Antoine Prat, mardi 3 mars 2015





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