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Paris, galeries nationales du Grand Palais, du 25 mars au 13 juillet 2015.

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1. Diego Velázquez (1599-1660)
Vénus au miroir, vers 1647-1651
Huile sur toile - 122,5 x 177 cm
Londres, National Gallery
Photo : Didier Rykner

Les liens de Velázquez avec la France n’ont jamais été simples comme le rappelle amplement le catalogue. Longtemps ignoré, puis devenu, au XIXe siècle, un modèle pour bien des artistes, Velázquez est finalement mal connu dans notre pays, où seuls deux tableaux indiscutés (à Rouen et à Orléans) sont conservés. La rétrospective que le Louvre consacre à cet artiste dans les galeries nationales du Grand Palais, en tous points remarquable, devrait marquer une nouvelle étape de ces relations compliquées. Il s’agit certainement d’une des expositions monographiques les plus réussies qu’il nous ait été donné de voir récemment.
Ce succès – sanctionné d’ailleurs par une fréquentation importante et une presse en grande partie louangeuse - est d’autant plus éclatant que le pari était difficile. L’artiste est sans doute l’un des plus étudiés, ses tableaux sont rares et le Prado ne prête que sept œuvres de lui simultanément pour un même projet. Récemment, la National Gallery avait montré l’artiste mais uniquement celui-ci, sans se confronter ou presque aux questions d’attribution ni s’attarder sur l’atelier du peintre et ses suiveurs.

L’exposition parisienne est beaucoup plus ambitieuse. On pourrait même écrire : les expositions parisiennes tant celle-ci réunit en un seul accrochage des problématiques différentes, qui s’entrecroisent et se répondent, tout en donnant au visiteur plusieurs points de vue. Ainsi, le parcours peut se voir d’abord comme une réunion d’œuvres certaines de Velázquez permettant de comprendre son parcours de peintre. Nous ne reviendrons pas, évidemment, sur l’absence des Ménines. Le commissaire de l’exposition, Guillaume Kientz, s’en est largement expliqué et nous ne pouvons que souscrire entièrement à ses arguments. Ce tableau doit se voir au Prado, et même si celui-ci en autorisait le prêt, il se serait refusé à le demander, considérant que : « Les Ménines sont un monument de la peinture, un monument de l’art, un monument de l’Histoire, un monument espagnol, et les monuments on les visite, on va à eux, on ne les déplace pas (ou en tout cas on ne devrait pas !) ».
Cela ne veut évidemment pas dire que l’exposition soit pauvre en chefs-d’œuvre. Elle en regorge car pratiquement chaque tableau de Velázquez est un chef-d’œuvre. Nous ne citerons ici que la Vénus au miroir de la National Gallery (ill. 1) et le Portrait du pape Innocent X de la Galleria Doria Pamphili. Rien que pour ces deux toiles la visite du Grand Palais s’imposerait.

Autre point de vue possible : les contours de l’œuvre de Velázquez. Il s’agit ici de se pencher sur les plus récentes découvertes. On verra donc de nombreux tableaux récemment attribués mais aussi plusieurs toiles qui ne sont plus considérées comme autographes, parfois depuis peu. Cette exposition marque le triomphe de l’histoire de l’art, tout en faisant preuve…

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