Mannequin d’artiste, mannequin fétiche Contenu abonnés


Paris, Musée Bourdelle, du 1er avril au 12 juillet 2015.

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1. Allemagne, vers 1550
GliederpuppeStatue en buis
Londres , collection particulière
Photo : D. R.

Après huit mois de fermeture pour d’importants travaux, le musée Bourdelle reprend sa programmation et offre au public une exposition remarquable, initiée par le Fitzwilliam Museum de Cambridge et son conservateur des peintures et dessins, Jane Munro, également auteur du catalogue. Intitulée « Silent Partners » lors de sa présentation en 2014 au Royaume-Uni, cette manifestation associe l’intérêt historique et esthétique du propos à une approche intelligente et sensible, à laquelle concourt une scénographie très séduisante. Aussi silencieux que soient ces partenaires, très particuliers, du peintre, le parcours de l’exposition bruisse de leur présence savamment orchestrée et ces mannequins, qui ont peuplé les ateliers de la Renaissance au XXe siècle, sortent de l’ombre pour une démonstration convaincante. L’exposition ne se limite pas à un historique de la technique d’utilisation des mannequins par les artistes, mais évoque aussi nombre de thématiques. À cet égard, le sujet paraît infini et le mérite des organisateurs est d’avoir su donner une ampleur au sujet, avec suffisamment de rigueur toutefois pour ne pas se perdre. De l’origine du mannequin, petit modèle de bois ou de cire, articulé ou non, utilisé dès le XVe siècle, jusqu’à son perfectionnement en France au XVIIIe siècle, avant une production en série à la fin du XIXe, l’exposition offre une riche documentation et de rares et précieux exemples de ces objets de différentes formes et tailles. Les mannequins utilisés à la Renaissance étaient probablement proches des figures funéraires ou de dévotion, et l’on ne peut que les imaginer, semblables à ces modèles rudimentaires que l’on habillait pour les cérémonies. Peu de mannequins très anciens nous sont en effet parvenus, du fait de leur usage intensif et de leur fragilité. La plupart des figures articulées conservées et antérieures au XVIIIe siècle sont de fabrication allemande ou autrichienne : ces Gliederpuppen, d’une grande subtilité de réalisation, sont des sculptures miniatures, sexuées, qui figuraient dans les cabinets de curiosité et semblent proches des mannequins d’artistes représentés dans les gravures et les peintures de la même période (ill. 1).


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2a.
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2b. France, vers 1760
Études d’un mannequin en bois, profil gauche, de face, de dos, vers 1760
Plume et encre brune, lavis d’encre brune sur tracés à la pierre noire sur quatre feuilles de papier
Reims, musée des Beaux-Arts
Photo : Reims, musée des Beaux-Arts
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2c.

Le « mannequin perfectionné », développé principalement en France au XVIIIe siècle, fait l’objet de la deuxième section de l’exposition. Il s’agissait de fournir aux artistes des sujets aussi proches que possible de la réalité, à la fois par l’articulation du personnage et par sa garniture externe, imitant l’apparence des muscles, de la chair, voire des traits du visage. Modèles uniques, couteux et longs à…

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