Une coupe islamique brisée dans l’exposition du Louvre à Québec


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Iran, début du XIIIe siècle
Coupe au cavalier fauconnier
Céramique siliceuse, décor haft rang rehaussé d’or et
décor lustré sur glaçure opacifiée
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN / H. Lewandowski

29/5/08 – Patrimoine – Paris, Musée du Louvre – A Québec, le Louvre organise une exposition diplomatique, imposée par le pouvoir politique, intitulée Le Louvre. Les Arts et la Vie. Nous avions déjà parlé de cette exposition pour la regretter (voir brève du 7/11/06).
Cette manifestation, dont le catalogue témoigne de son absence d’intérêt scientifique1, aura en tout cas abouti à un triste résultat : le bris d’une coupe islamique, lors de son installation dans les vitrines.

Le Louvre, que nous avons interrogé, nous a envoyé le communiqué suivant2 :

« La direction du musée du Louvre a été informée de l’incident (survenu lors de la première semaine de l’accrochage de l’exposition "Le Louvre à Québec. Les arts et la vie", au cours duquel une coupe dite "au cavalier fauconnier" - début du XIIIe siècle, Iran, a été endommagée.
L’œuvre avait déjà subi plusieurs restaurations anciennes sur le pourtour de la coupe. Ce sont ces restaurations qui, suite au glissement de la partie supérieur d’une vitrine en plexiglas, se sont désolidarisées de la partie centrale, restée intacte.
Un constat a été immédiatement fait sur place qui a permis de déterminer que l’œuvre était restaurable. Elle a d’ailleurs d’ores et déjà quitté le Québec et rejoint le Louvre afin d’y être restaurée.
Le Musée national des beaux-arts du Québec prend à sa charge l’intégralité des frais de restauration. »

Espérons que ce communiqué ne sous-estime pas les dommages subis (d’autres sources sont plus alarmistes). Ceux-ci sont de toute façon réels. Cet incident est, quoi qu’il en soit, une nouvelle fois la preuve que les transports d’œuvres d’art sont risqués et qu’ils ne devraient avoir lieu que pour de bonnes raisons. La présence de cette coupe - l’un des chefs-d’œuvre du département d’art islamique - pour une telle exposition, n’apportait rien.

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Didier Rykner, jeudi 29 mai 2008


Notes

1Réunir des œuvres du Louvre des différents départements autour d’un thème aussi générique ne pouvait donner rien d’autre.

2Signalons que le musée a réagi cette fois très rapidement à notre demande, ce qui, espérons-le, témoigne d’une volonté nouvelle de plus grande transparence.





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