Un buste de Bernard Lange acquis par les Augustins de Toulouse


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Bernard Lange (1754-1839)
Portrait du chevalier Geoffroy d’Astier, 1824
Marbre - H. 53 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Yates-Trebosc-Van Lelyveld

24/1/15 - Acquisition - Toulouse, Musée des Augustins - Le buste sculpté par Bernard Lange acquis par le Musée des Augustins auprès de la galerie Yates-Trebosc-Van Lelyveld est un objet qu’on peut difficilement oublier après l’avoir vu. Comme le fait remarquer la notice des marchands, il combine dans une même effigie un caractère néo-classique très marqué (blancheur et poli du marbre, nudité héroïque ou yeux non ciselés...), à un côté romantique dans l’abondance de la chevelure bouclée, la moustache et la pointe de barbe qui évoquent plutôt un portrait de David d’Angers. Imaginons pourtant une pilosité moins exubérante, et on se trouverait presque devant le buste d’un héros grec.

Né à Toulouse, l’artiste fit son premier apprentissage dans cette ville auprès de François Lucas, avant de partir pour Rome où il entra dans l’atelier de Carlo Abacini que fréquenta aussi le jeune Canova.
Si, à son retour à Paris, il exposa régulièrement au Salon (entre 1799 et 1839), une grande partie de son activité eut lieu au Louvre où il fut restaurateur en chef des Antiques. Il travailla sur un grand nombre d’œuvres, dont la Vénus de Milo et en fit mouler beaucoup, certains de ces moulages étant envoyés à l’Académie de Toulouse.

Le buste acquis par le Musée des Augustins représente le chevalier Geoffroy d’Astier, capitaine au Corps Royal d’État Major (1795-1866), militaire anobli en 1828. Il fut exposé au Salon de 1824.
Le musée toulousain conservait déjà un grand nombre de sculptures de Bernard Lange que l’on peut voir sur l’excellente base de données en ligne. Il s’agit notamment de reliefs en terre cuite, de petits groupes néo-classiques en plâtre et en terre cuite, d’un buste de Jupiter à l’Antique, en marbre, d’un fragment d’une esquisse représentant le Triomphe de Ganymède, et d’un grand groupe en marbre représentant Philopoemen à Sellasie, la seule œuvre de l’artiste actuellement exposée, faute de place, ce qui est réellement dommage.
Espérons que ce buste nouvellement acquis, qui représente un aspect de son art absent des collections du musée1 pourra trouver sa place dans le parcours permanent.


Didier Rykner, samedi 24 janvier 2015


Notes

1Celui-ci conserve un buste de femme, mais en terre cuite patinée et d’un modèle plus classique, beaucoup plus banal.





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