Trois préemptions à la vente Artcurial du 14 novembre


14/11/17 - Acquisitions - Versailles, Besançon et Moulins - Les musées français ont été actifs lors de la vente Artcurial qui se déroulait ce soir mardi 14 novembre à partir de 18 h.


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1. Baudrin Yvart (1611-1690)
La Sculpture travaillant au buste de Louis XIV
Huile sur toile - 193 x 130,50 cm
Préempté par le château de Versailles
Photo : Artcurial
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Le château de Versailles a ouvert la voie en préemptant pour 210 000 € (hors frais) le morceau de réception de Baudrin Yvart (illl. 1) que nous avions signalé dans notre précédente brève. Comme nous le disions, on connaît peu de choses de cet artiste qui fut néanmoins le bras droit de Charle Le Brun qu’il accompagna tout au long de sa carrière, de Vaux-le-Vicomte à Versailles. Le château de Versailles conservait déjà un rare tableau identifié comme de sa main représentant une Cassolette en argent du mobilier de Louis XIV, l’une des pièces du fameux service en argent qui fut fondu en 1689 pour financer l’armée. L’artiste était tellement occupé par sa collaboration avec Le Brun qu’il ne put livrer son morceau de réception qu’en 1666 soit trois ans après sa réception effective à l’Académie. La toile avait disparu et a pu être reconnue notamment grâce à son sujet, à ses dimensions, et à une description très précise fournie par Guérin en 1715.


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2. Jean-François de Troy (1679-1752)
La Vierge en prière, vers 1751
Huile sur toile - 64 x 48 cm
Préempté par le Musée des
Beaux-Arts de Besançon
Photo : Artcurial
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3. Jean-François de Troy (1679-1752)
Le Portement de Croix, 1751
Huile sur toile - 320 x 240 cm
Besançon, cathédrale Saint-Jean
Photo : Illustria
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Le Musée des Beaux-Arts de Besançon, actuellement fermé pour travaux, a pour sa part préempté une Vierge en prière (ill. 2) de Jean-François de Troy pour 5 500 € (sans les frais). Celle-ci est préparatoire au Portement de Croix de cet artiste conservé dans la cathédrale de Besançon (ill. 2), qui date de 1751. Si cette étude peinte était jusque là inédite, le catalogue raisonné de Christophe Leribault de 2002 signale une peinture de la figure du Christ de même dimension et également préparatoire à cette grande composition, conservée au Musée de Clamecy.


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4. Georges Rochegrosse (1859-1938)
Le Bal des Ardents, 1889
Huile sur toile - 130 x 162 cm
Préempté par le Musée Anne de Beaujeu de Moulins
Photo : Artcurial
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Enfin, le Musée Anne-de-Beaujeu de Moulins a fort opportunément acquis, également par préemption (pour 27 000 € hors frais), une toile de Georges Rochegrosse, Le Bal des ardents (ill. 4), qui était reproduite en noir et blanc dans le catalogue de la la rétrospective que ce musée avait consacrée à ce peintre en 2013 (voir l’article) mais qui était alors de localisation inconnue. Ce tableau possède le caractère extravagant des meilleures œuvres de Rochegrosse, peintre qui fut longtemps très sous-estimé et que l’exposition de Moulins a replacé à sa juste place, celle d’un des plus originaux et des plus inventifs des artiste français dits (faussement) pompiers. La toile fut exposée au Salon de 1889 et particulièrement remarquée pour son iconographie effrayante, ce qui n’étonnait pas de la part de Rochegrosse, habitué des scènes sanglantes. Le bal des Ardents, où se trouvait le roi Charles VI, vit les danseurs dont le costume était recouvert de poix s’enflammer à cause d’une torche. Le feu se communiqua à une grande partie de l’assemblée mais épargna le roi. La notice très complète que consacre la maison de vente à cette œuvre et dont nous conseillons la lecture reproduit le texte d’Armand Sylvestre dans La Grande Revue de mai 1889 : « Ce supplice multiplié dans cette joie épouvantée laisse l’esprit sous une impression vraiment terrible. Ces fumées où passent des agonisés, ces flammes lourdes de sang sont d’un effet indescriptible. De tels sujets sont-ils vraiment du domaine de la peinture ? Avant M. Rochegrosse, j’aurais volontiers pensé que non. »


Didier Rykner, mardi 14 novembre 2017





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