Pour sauver l’église, taper 1 ; pour la détruire taper 2 Contenu abonnés


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1. Église de Plouagat
Vue tirée du journal de 13 h de TF1 du 2/9/13
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Dimanche dernier, le village de Plouagat, dans les Côtes-d’Armor, faisait voter ses administrés pour leur demander s’ils voulaient, ou non, que leur église (ill. 1) soit détruite ou restaurée. Le résultat est sans ambiguïté puisque plus de 80% des participants ont décidé de la restauration, malgré un coût affiché de 1 à 1,5 million d’euros. En 2010 une autre église bretonne, celle de Plounérin, était également plébiscitée à plus de 60% lors d’un scrutin comparable, alors que le maire communiste ne cachait pas son hostilité à sa conservation.

Certes, de tels référendums ont toutes les apparences de la démocratie. Bien sûr, le résultat étant en faveur de la sauvegarde de ces monuments, on ne peut que s’en réjouir, d’autant qu’il prouve que la population est sensible à la protection et à la conservation des édifices religieux qui marquent sa ville, ce qui devrait servir d’avertissement à tous les maires qui veulent suivre le même chemin. On aurait souhaité que les habitants de Gesté puissent ainsi sauvegarder leur église.

Mais, sur le fond, ce scrutin pose sans doute davantage de questions qu’il n’en résout.
D’abord parce que la conservation d’un monument historique (protégé ou non) ne concerne pas, loin de là, que les habitants de la commune où il se trouve. Le patrimoine appartient à tous. La démolition de l’église de Gesté nous touche profondément, même si nous n’habitons pas ce village et si nous n’y remettrons jamais les pieds, celui-ci étant désormais totalement sans aucun intérêt. Ensuite parce que le rôle d’un maire est de gérer sa commune et de la transmettre, dans les meilleures conditions possibles, à ses successeurs et aux habitants. C’est à lui de faire ce qu’il faut pour sauvegarder le patrimoine de sa ville. Demander l’avis de ses administrés sur un tel sujet est un comportement de Ponce Pilate qui vaut mieux certes que celui de bourreau. Enfin, parce que…

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