Pierre-Paul Jouve. Peintre, sculpteur animalier


Auteur : Félix Marcilhac

IMG/jpg/Couverture_Jouve.jpgOn reconnaît sans mal la griffe de Paul Jouve, qui fut à l’Art Nouveau puis à l’Art Déco ce que Barye fut au romantisme, le plus grand sculpteur et peintre animalier, doublé d’un décorateur hors pair. Il était de la « bande à Dunand » ! A dire vrai, son style nerveux, animal et même félin par la tension des lignes et le sens du juste mouvement, se forma dès avant 1900. Né d’un père peintre oublié, cet artiste n’a pas seulement reçu l’héritage familial en partage ; il était d’une époque qui, sur le modèle des Japonais et des arts non-occidentaux en général, vise à la synthèse des formes et à l’exotisme des sensations. L’empire colonial de son pays avait donc trouvé en lui un serviteur de grand talent.

Le livre de Félix Marcilhac rétablit très bien le réseau de Jouve, ses accointances avec la Société des peintres orientalistes, son passage par la villa Abd-el-Tif, où il devint peintre à part entière, et son mariage en Algérie. Il ne manquait plus que l’expérience de l’Extrême-Orient pour en faire un avocat de la grande France et de ses curiosités pittoresques. On sent ici et là cette passion pour l’altérité des cultures dites primitives. Autant qu’à Kipling et Loti, deux de ses auteurs préférés, on pense à la poésie de Leconte de Lisle, à cette sorte de sauvagerie à peine domptée, d’abandon aux saveurs archaïques, que le verbe ciselé fait saillir et surgir. Élégant et bien gravé, ce livre précis est un bel hommage à cet amoureux des jungles d’antan.

Félix Marcilhac, Pierre-Paul Jouve. Peintre sculpteur animalier, Les Éditions de l’Amateur, 450 p., 98 €, ISBN : 2-85917-409-5


Stéphane Guégan, jeudi 8 septembre 2005




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