Le Silence d’Auguste Préault pour le Dallas Museum of Art


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Auguste Préault (1809-1879)
Le Silence, 1842-1843
Plâtre patiné -Diamètre hors cadre : 40 cm,
Diamètre avec cadre : 76 cm
Dallas, Museum of Art
Photo : Galerie Patrice Bellanger

5/3/14 - Acquisition - Dallas, Museum of Art - « L’horreur de la fatale énigme, le sceau qui ferme la bouche au moment où l’on sait le mot, tout cela a été saisi une fois dans une œuvre sublime que j’ai découverte dans une partie fermée du Père-Lachaise, au cimetière des Juifs. » Michelet décrit ainsi, en 1846, le médaillon en marbre exécuté par Auguste Préault pour la tombe de Jacob Roblès en 1842, la première que le sculpteur réalisa seul, qui est devenue son œuvre la plus célèbre.
Alors que les sculptures funéraires de l’époque représentaient d’habitude les défunts, l’artiste choisit ici de montrer la Mort elle même, ou une allégorie de la Mort reprenant, mais dans une esthétique, une économie de moyens et une iconographie très différentes, la symbolique des tombeaux baroques. L’image est particulièrement frappante : un visage voilé met un doigt sur sa bouche, imposant le silence. La nouveauté de cette figure allégorique marqua fortement les contemporains de l’artiste, mais aussi les autres sculpteurs qui multiplièrent, comme le signale Antoinette Le Normand-Romain dans le catalogue de la rétrospective Préault de 1997, les figures funéraires le doigt sur la bouche.
Au moins trois versions en bronze furent réalisées, dont l’une fut présentée au Salon de 1849 sous le titre Masque funéraire1. Ce n’est qu’en 1867 ou 1868, comme l’explique Antoinette Le Normand-Romain que cette sculpture fut nommée Le Silence, titre sous lequel elle est passée à la postérité.

L’artiste réalisa également une dizaine d’épreuves en plâtre, dont l’une est conservée au Louvre. C’est une de ces versions, en plâtre patiné dans un encadrement de chêne, que le Dallas Museum of Art vient d’acheter auprès de la galerie Patrice Bellanger, la veille même de son décès, ce qui donne une résonance particulièrement émouvante à cette représentation de la mort.

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Didier Rykner, mercredi 5 mars 2014


Notes

1L’une est conservée au Musée d’Auxerre, une autre à Bucarest, au Museul nacional de Arta al Romaniei. Celui exposé au Salon de 1849, à patine verte, est de localisation inconnue.





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