L’affaire de la Bataille d’Anghiari


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1. Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
Copie d’après des dessins de Léonard de Vinci
pour la Bataille d’Anghiari
Pierre noire, plume, encre brune et grise, lavis gris,
rehauts de blanc et de couleur - 45,3 x 63,6 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN
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« Monsieur le maire… »

« Monsieur le maire, prenez garde à ce que vous faites au Palazzo Vecchio dans le Salon des Cinq-Cents !... » C’est en ces termes que le 28 mars dernier, lors de la très mondaine présentation de la Sainte Anne restaurée au Louvre, la restauratrice romaine Cinzia Pasquali aurait apostrophé Matteo Renzi, le fringant maire de Florence1. Que se passe-t-il donc dans le Salone dei Cinquecento de Vasari ? De l’extraordinaire à en croire les média. La Bataille d’Anghiari de Léonard – perdue depuis la deuxième moitié du XVIe siècle (ill. 1) – serait sur le point de reparaître après cinq siècles. Avec quelle certitude ? Et à quel prix ? C’est ce que cette chronique propose au lecteur de La Tribune de l’Art de découvrir.

L’hypothèse du Léonard perdu

En 1968, dans son Leonardo inedito, Carlo Pedretti avait émis l’hypothèse que la Bataille d’Anghiari de 1503 (fruit avorté des expériences de Léonard sur la peinture à l’encaustique) n’avait pu complètement disparaître sous le pinceau de Vasari. Se basant sur l’exemple de la Trinité de Masaccio, perdu et retrouvé en 1860, Pedretti imaginait en 1968 que Vasari, « qui ne détruisait jamais rien », avait cherché à préserver coûte que coûte la Bataille d’Anghiari, déjà très compromise, quand il rénovait le Palazzo Vecchio. On ne trouve pourtant aucune trace de Léonard dans ses Ragionamenti di Palazzo Vecchio, maintenant traduits en français2. Mais pendant près de quarante ans un ingénieur italien de grande expérience basé au Center of Interdisciplinary Science for Art, Architecture and Archaeology de l’Université de Californie à San Diego, Maurizio Seracini, a recherché avec acharnement la peinture perdue. Depuis 1976, il a cru en identifier la présence à l’ouest3 puis à l’est du Salon des Cinq-Cents. Ce n’est toutefois qu’à partir des années 2000 que Seracini a trouvé suffisamment d’audience auprès des institutions et des mécènes pour entreprendre des sondages. Ainsi Loel Guinness et son Kalpa Group, l’université et la ville de Florence, le Polo Museale de Florence, l’Opificio delle Pietre Dure, la Fondation Renato Giunti, le Defense of CISA3 de l’Université de San Diego, l’association Friends of Florence et enfin le National Geographic ont-ils contribué financièrement ou techniquement aux recherches de Seracini. Si en 2007 l’alors ministre des Biens Culturels, Francesco Rutelli, annonçait que 2008 serait l’année de la révélation du Léonard perdu, ce n’est qu’en 2012 que le maire de Florence Matteo Renzi a proclamé urbi et orbi que la Bataille d’Anghiari était enfin retrouvée. Comment ? Grâce à des sondes optiques enfilées sous une fresque de Vasari, la Bataille de Scannagallo, (ill. 2) à travers la couche picturale du Cinquecento. Ainsi naquit l’affaire.

Léonard, la politique et le marketing

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2. Giorgio Vasari (1511-1574)
Bataille de Scannagallo
Florence, Palazzo Vecchio
Salle des Cinq-Cents
Photo : Wikimedia Commons
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Avant d’éprouver la véracité de cette trouvaille, voyons comment la participation intéressée (à hauteur de 250.000 euros) de la National Geographic Society et la forte implication politique du maire de Florence ont pesé sur une annonce aussi spectaculaire. En l’espace de quelques années la Bataille d’Anghiari est devenue l’enjeu d’une stratégie de communication souvent éloignée de l’histoire de l’art. Pour preuve, ce dernier « coup » médiatique de Renzi autour du concept de « nouveau Stil Novo » et de « révolution de la beauté de Dante à Twitter » (d’un kitsch postmoderne pleinement assumé), qui place la Bataille d’Anghiari au cœur d’un dispositif de séduction politique des foules. C’est ce que les observateurs les plus caustiques, comme le célèbre Tomaso Montanari, n’hésitent pas à qualifier « d’arme de distraction de masses ». La branche italienne du National Geographic n’est pas en reste, si l’on en juge par la bande-annonce d’un programme du 20 mars 2012 dédié aux recherches de Seracini, intitulée Léonard, le dernier secret.

On y découvre la Bataille d’Anghiari dévoilée au terme d’une course poursuite aussi frénétique qu’imaginaire. On y entend une voix rocailleuse sussurer puis scander que « depuis cinq siècles un grand mystère se cache dans les murs de Florence », mystère enfin percé par la National Geographic Society. C’est un peu Sherlock Holmes à Florence et Dan Brown au Palazzo Vecchio. Il est intéressant de noter, à cet égard, que Seracini s’est parfois vanté d’être le seul spécialiste de Léonard jamais cité dans le Da Vinci Code. Ces quelques touches de couleur locale, à défaut de nous en dire plus sur le Léonard perdu, en disent long sur un projet qui, alors qu’il se prétend hyper-scientifique et super-technologique, adopte ouvertement les astuces des bonimenteurs culturels. Nul doute que le point d’équilibre entre vulgarisation et recherche soit difficile à trouver. De surcroît, les exigences des investisseurs et du grand public priment naturellement sur celles des érudits. Mais avec l’ambition affichée d’apparaître rigoureuse comme la science et séduisante comme un best-seller, la promotion de la National Geographic Society cherche à gagner, si l’on ose dire, sur tous les tableaux. Et devant un mariage aussi téméraire, il est licite de se demander si la rigueur n’a pas trop souffert de la séduction. A cette question, l’association de sauvegarde du patrimoine italien Italia Nostra répondit vigoureusement par l’affirmative dans un recours en date du 2 décembre 2011 adressé au Procureur de la République de Florence, dont voici la teneur :

« Vous avez certainement connaissance de l’affaire qui a attiré l’attention de la presse pas seulement florentine et qui a suscité la préoccupation des historiens d’art compétents. On est en train d’attenter aux fresques de Vasari dans la Salle du Grand Conseil de Palazzo Vecchio, et ce dans la quête aventureuse de la Bataille d’Anghiari de Léonard sur le fondement fragile d’un souvenir historique incertain. L’idée n’est certes pas nouvelle et elle est alimentée de façon chronique par une pulsion superficielle pour des trouvailles miraculeuses ; elle a récemment été reprise et portée à terme à l’initiative du maire Matteo Renzi. Son déplacement en Amérique, couronné de succès, lui a valu la participation financière du National Geographic, et dans le Salon des Cinq-Cents les caméras de la prestigieuse revue (et celle de l’émission télévisée Voyager de Sandro Giacobbo) attendent de filmer cette opération à sensation qui doit obligatoirement attenter, fût-ce partiellement, à l’intégrité physique des fresques vasariennes (au moyen d’une dizaine de trous au moins selon le directeur de la recherche4). Car l’intervention est assurément « invasive » pour la peinture, comme la fonctionnaire Cecilia Frosinini, responsable des peintures murales de l’Opificio delle Pietre Dure, a immédiatement objecté ; responsable à laquelle il ne restait plus qu’à faire valoir son droit d’objecteur moral face à l’approbation de la Surintendante Cristina Acidini¡5. Dans un article sur le Fatto Quotidiano du 30 novembre dernier un savant historien d’art d’une grande autorité6 a exposé les motifs pour lesquels “l’idée de retrouver Léonard peut sembler romantique, mais en l’examinant avec une brin d’esprit critique elle apparaît anti-historique, velléitaire, dangereuse et démagogique”. Il est patent qu’il ne s’agit pas ici de répondre à l’exigence de restauration, dûment définie par l’article 29 du Code des biens culturels et du paysage […] Au contraire, la finalité poursuivie est […] un “marketing” (selon les propres paroles de Renzi) qui sacrifie le premier devoir de la tutèle visant à conserver le bien artistique, et qui comporte une atteinte inadmissible à l’intégrité physique du bien culturel (la fresque de Vasari)7. »

Cet appel fut bientôt relayé dans la presse nationale et internationale par des historiens d’art tels que Salvatore Settis, Tomaso Montanari, Charles Dempsey, Nicole Dacos ou Paola Barocchi, mais aussi par des juristes, des chercheurs et des enseignants. Il était destiné à diviser profondément l’opinion8. et à inspirer la plus grande prudence aux conservateurs florentins, comme j’ai pu le constater lors de ma propre enquête.

La recherche et la morale : où se trouve la Bataille d’Anghiari ?

Peut-on perforer une fresque de Vasari pour retrouver une peinture de Léonard ? Ainsi formulée, l’interrogation pourrait en faire hésiter plus d’un. Or, après examen, le problème ne se pose pas en ces termes dualistes - un Léonard contre un Vasari - pour le motif élémentaire que l’existence du Léonard reste encore à démontrer. Certes, aux yeux de Renzi, de Seracini et du team de la National Geographic Society, les signataires de l’appel sont des jaloux rétrogrades, auxquels il convient de répondre par les faits que voici : il existe un espace vide entre le mur ancien de la zone est du Salon des Cinq-Cents (sur lequel Léonard est censé avoir peint sa Bataille) et le mur « nouveau » construit par-dessus en 1566 (sur lequel Vasari a peint la Bataille dite de Marciano ou de Scannagallo) ; cet interstice témoignerait d’une préservation intentionnelle renforcée par un « signe » adressé à la postérité dans l’inscription « Cerca Trova » (Cherche Trouve) apposée par Vasari sur un étendard de sa fresque ; l’infiltration de sondes par forage dans le « nouveau » mur est, a permis de découvrir la surface de l’ancien mur sous-jacent, apparemment couvert d’un badigeon beige, et d’y prélever des échantillons microscopiques de matière colorée, comme du noir et (peut-être) de la laque rougeâtre ; enfin l’analyse des échantillons pourrait faire penser à des pigments employés dans la Joconde. Dès 2011 Matteo Renzi envisageait de pratiquer le strappo sur Vasari, c’est-à-dire de détacher la Bataille de Scannagallo de son support mural, pour accéder au Léonard9. Pourquoi, dixit Renzi, se priver de résoudre « la plus grande énigme de l’histoire de l’art » au bénéfice d’un public avide de connaissance ? Parer son marketing de mérites scientifiques, artistiques ou philanthropiques est le credo de tout bon marchand de culture. Le Maire de Florence n’échappe pas à la règle. Parmi les historiens et les spécialistes qu’il accuse d’éloigner le peuple, par d’odieuses manœuvres, du Léonard perdu et (presque) retrouvé, quelques-uns ont accepté de me livrer leurs propres analyses, parfois ouvertement, parfois sous couvert d’anonymat. C’est pourquoi je ne peux remercier publiquement que deux d’entre eux pour leur contribution : Cecilia Frosinini, déjà citée dans le document ci-dessus, et Massimiliano Pieraccini, professeur de physique et d’électronique à l’Université de Florence.

Tout d’abord, des perforations aussi réduites soient-elles ont dû être pratiquées dans la Bataille de Scannagallo et cet expédient pose un problème moral. Doit-on attenter à l’intégrité d’une œuvre pour établir la preuve de l’existence hypothétique d’une autre ? Pendant longtemps Seracini avait parlé d’utiliser un radar à neutrons, jamais réalisé, qui aurait permis d’obtenir des images plus précises sans effraction aucune. En mai 2007, alors que Rutelli était ministre des Biens culturels et que Leonardo Dominici était maire de Florence, un comité présidé par Mme Acidini comprenant Seracini, le professeur Carlo Atzeni et quelques historiens d’art avait vu le jour, avec l’ambition d’étudier la paroi est au moyen de techniques « non invasives ». Puis plus rien. En 2011, Renzi et Seracini ont annoncé l’imminence de 15 perforations dans la Bataille de Scannagallo, dont seules 7 furent pratiquées. Cette déclaration, en contradiction flagrante avec la promesse de sondages « non invasifs », provoqua la vive opposition signalée plus haut. Pourquoi ne pas attendre que des progrès techniques permettent, dans trente ou cinquante ans, la vision claire et complète de ce qui se trouve (ou ne se trouve pas) sous la Bataille de Scannagallo ? Tout à l’opposé de ce scrupule, inhérent au métier de conservateur et de restaurateur, les déclarations de Matteo Renzi, appelant tantôt à détacher la fresque de Vasari, tantôt à extraire la Bataille d’Anghiari (mais par quels moyens ?), témoignent contre la volonté de servir l’art de la Renaissance. Devant une telle impatience politique soutenue par une campagne médiatique impressionnante, ce qui trouble le plus Cecilia Frosinini à qui je suis redevable de ces réflexions, est l’incapacité de comprendre la primauté absolue de l’œuvre à transmettre, donc à préserver pour les générations futures. Or, il n’y a nul compromis possible entre l’exploitation touristico-économique à laquelle songe le maire de Florence, et la compréhension culturelle de l’art. Dans le cas présent, pour Cecilia Frosinini, la victime n’est pas seulement Vasari, mais le devoir moral de tout fonctionnaire en charge d’un bien national inaliénable, d’un patrimoine au sens français du terme.

Abordons maintenant le dossier historique et technique, en un mot scientifique, de la Bataille d’Anghiari. Vasari fut le premier à donner des indications, souvent débattues, sur l’emplacement de la Bataille d’Anghiari et il existe des études historiques pour soutenir que la Bataille fut peinte à l’endroit où Seracini la recherche actuellement10. Mais aucune ne prétend se substituer aux preuves d’une enquête technique, dont il me faut parler plus amplement. En 2000 le professeur Pieraccini, comme il me l’a confié lui-même, a été contacté par Seracini en vue de sonder au radar les parois du Salon des Cinq-Cents. D’ordinaire les géo-radars sont utilisés pour effectuer des spectrographies au sol et leur spectre réduit ne permet pas de diagnostiquer verticalement la présence de vides ou d’interstices muraux avec suffisamment d’acuité. C’est pourquoi en 2002 Pieraccini a mis au point un radar spécial à large spectre. Les résultats de cette campagne de sondage ont été publiés en 2005 dans un article collectif de Pieraccini, Mercati, Luzi, Seracini, Pinelli, Atzeni, Non-contact intrawall penetrating radar for heritage survey : the search of the ‘Battle of Anghiari’ by Leonardo da Vinci, « NDT&E International » 38 (2005), p. 151-157. Il résulte de cette étude scientifique que le côté est du Salon des Cinq-Cents recèle, nous le savons déjà, un vide, c’est-à-dire un interstice d’environ 50 mètres de long sur moins de 4 cm de profondeur du nord au sud et sous toute l’étendue de la Bataille de Scannagallo et de la Prise de Sienne. L’analyse radar de Pieraccini met ainsi en évidence que vers 1566 Vasari a élevé une paroi uniforme à très peu de centimètres du mur préexistant depuis le Quattrocento. Or, fait capital, d’une « uniformité de structure » on ne peut nullement inférer qu’une « niche » spécifique sous la Bataille de Scannagallo préserve les restes de la Bataille d’Anghiari. De son côté, l’ingénieur Seracini a déclaré avoir procédé à trois nouveaux sondages depuis 2005 après Pieraccini. Or, durant la conférence de presse du 13 mars 2012 sur le résultat des investigations, un photogramme géo-radar extrait de l’article paru en 2005 a été exhibé comme preuve que seul le panneau sud du mur est – celui de la Bataille de Scannagallo – cacherait un interstice avec la Bataille d’Anghiari. En l’absence d’une citation exacte de l’article de 2005, il pouvait sembler au public que l’image provenait de très récents sondages ; elle n’est en réalité qu’une reprise sélective des clichés produits dix ans plus tôt par Pieraccini. Suite à cet épisode, le recteur de l’université de Florence a adressé une mise en demeure (diffida) à Seracini, l’enjoignant de citer ses sources et de respecter les termes d’une convention de recherche passée en 2002 . Mais la conférence de presse du 13 mars passait surtout sous silence que la Bataille d’Anghiari pouvait se trouver n’importe où… ou bien nulle part, puisque le vide observé n’avait rien de local ni d’intentionnel. En conséquence, une preuve essentielle du dossier de la National Geographic Society apparaissait falsifiée. Ce détail important pour la localisation a priori de la Bataille d’Anghiari n’a eu que très peu d’écho, jusqu’à ce que Pieraccini soit entendu en avril 2012 par une commission ad hoc réunie au Palazzo Vecchio et que la presse accepte enfin de mentionner ses travaux11. Cependant, la machine médiatique s’était emballée.

La querelle des échantillons : est-ce la couleur de Léonard ?

La mairie de Florence annonçait le 19 mars 2012 que le reste des échantillons prélevés par Seracini et déjà analysés dans son propre laboratoire (Editech) et dans un laboratoire privé (Pontlab)12 seraient remis prochainement à l’Opificio delle Pietre Dure, seul organisme compétent pour trancher la difficile question des pigments de Léonard. Ces micro-échantillons (au sujet desquels Seracini a choisi de ne pas me répondre) contiendraient selon un expert qui veut conserver l’anonymat des composants chimiques comparables à du pigment noir et des matériaux rougeâtre évoquant probablement de la laque. Ces constats restent trop vagues pour l’expert en question. En tout état de cause le protocole scientifique de l’Opificio delle Pietre Dure interdit de conduire une analyse sur des restes microscopiques déjà manipulés (et peut-être altérés) par un précédent laboratoire. Dans ces conditions, les contre-analyses des prélèvements de Seracini n’ont pu et ne pourront probablement jamais avoir lieu, à moins de pratiquer d’autres perforations dans la fresque de Vasari. Renzi soutient que l’actuel ministre des Biens Culturels, Ornaghi, autorisera la poursuite des opérations. Mais le nouvel assesseur à la culture de la mairie de Florence, le collègue Sergio Givone, récemment nommé par Renzi, vient de reconnaître à demi-mots que la quête de la Bataille d’Anghiari pourrait ne jamais donner aucun résultat… Dans cette affaire, le principe de vérification savante aura été, une fois de plus, écrasé sous le poids des média et la rigueur des scientifiques aura été bafouée par la superficialité des journalistes. Mais la responsabilité la plus grave incombe encore une fois aux responsables politiques, incultes mais puissants, qu’il serait d’utilité publique d’exclure à jamais des décisions culturelles. Quant aux mécènes, ils seraient mieux inspirés de répandre leur baume financier sur les plaies ouvertes : alors que 250 000 euros viennent probablement d’être gaspillés à Florence, je rappelle que des villas historiques s’écroulent et que les bibliothèques n’ont plus de quoi acheter de livres dans la ville du Magnifique.

English Version


Stéphane Toussaint, mardi 12 juin 2012


Notes

1Voir ici.

2Giorgio Vasari, Entretiens du Palazzo Vecchio, trad. R. le Mollé, Paris 2007.

3Au sujet de la localisation problématique de la Bataille d’Anghiari, Seracini a changé diamétralement d’avis en trente ans, comme en témoigne un document de 1976 (aimablement communiqué par Massimiliano Pieraccini) intitulé Development of Non-Destructive Techniques to Search for a Lost Mural By Leonardo da Vinci, co-écrit avec H. Travers-Newton Jr, sous forme de tapuscrit (Final Report For Grant N. FC-6-66619, 1976, Special Studies/Research), National Museum Act, The Smithsonian Institution, Washington, D.C. Il s’agit d’un bilan des recherches conduites dans la Salon des Cinq-Cents, au moyen d’appareillages à infrarouges et à ultrasons, où Seracini laissait entendre, notamment aux pages 50, 63, 107 et 132, que la Bataille d’Anghiari se trouverait quelque part sous les fresques vasariennes de la paroi ouest. Sur la base de cette conviction, des portions d’enduit avaient été enlevées à la base de la paroi et quatre mètres carrés de la couche picturale avaient été déposés en 1979 puis successivement remis en place, sans résultat probant. La Fototeca de la Soprintendenza per i Beni Artistici di Firenze, Pistoia e Prato, à laquelle m’a renvoyé Cristina Danti (ex directrice des peintures murales à l’OPD) conserve les photos de cette opération discutable.

4Ndt : sept trous seront effectivement pratiqués.

5Ndt : favorable aux sondages.

6Ndt : Tomaso Montanari.

7Ma traduction. Le document original se trouve en ligne sur le site d’Italia Nostra.

8Ainsi la Surintendante du Polo Museale Cristina Acidini s’est-elle montrée fondamentalement favorable aux sondages ; de même une responsable du Musée de Brera, des fonctionnaires florentins et beaucoup de journalistes culturels se sont-ils rangés du côté de Renzi, d’Acidini et de Seracini.

10La plus récente est celle de R. Hatfield, Finding Leonardo. The case for recovering the Battle of Anghiari, Florence 2007. Pour un avis sensiblement différent : H. Travers Newton, J. R. Spencer, On the location of Leonardo’s Battle of Anghiari, « Art Bulletin », march 1982, vol, 64 /1, p. 49-52.

11Repubblica di Firenze, p, VII, 24/04/2012 ; Il Giornale della Toscana, p. 7, 24/04/2012. Je remercie Massimiliano Pieraccini de m’avoir gracieusement transmis tous les documents en sa possession sur cette affaire.

12Voir ici.





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