Incendie de la Bnf : un appel extérieur a donné l’alarme


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7/8/13 - Patrimoine - Paris, Bibliothèque nationale de France - Comme pour l’hôtel Lambert, c’est un appel extérieur qui a donné l’alarme, peu après 5 h 30, après le début de l’incendie qui s’est déclaré lundi matin à la Bibliothèque nationale. La partie touchée se trouvait à l’angle nord-ouest du bâtiment, au coin de la rue de Richelieu et de la rue Colbert. C’est dans un emplacement où le désamiantage venait de se terminer que le feu a pris, sans doute au niveau des moteurs d’extraction de la zone de désamiantage comme le précisait le communiqué du ministère.

Ce dernier était cependant plein d’omissions, notamment en orientant les responsabilités vers « les températures estivales exceptionnellement élevées ». Cette raison a été reprise par une partie de la presse sans commentaires, comme s’il s’agissait d’un élément avéré alors que cette explication est simplement ridicule. La météo n’a rien à faire ici, la Bibliothèque nationale (ou aucun monument historique d’ailleurs) n’étant en rien comparable à des forêts landaises…
Ce que ne disait pas le communiqué du ministre, en revanche, c’est que c’est un riverain qui a donné l’alerte, et qu’aucune détection incendie n’avait été installée sur cette partie du chantier. Fort heureusement la Bnf est l’un des musées français qui bénéficient de la présence sur place de sapeurs-pompiers qui ont pu arriver sur le foyer quelques minutes après que l’alerte a été donnée et avant l’arrivée de leurs confrères extérieurs, et ont pu guider l’intervention grâce à leur connaissance des lieux.

Ce que n’a pas dit non plus le ministère, on s’en doute, c’est qu’avant le chantier, les différents intervenants, notamment la Bnf et l’OPPIC1, ont polémiqué sur l’opportunité de mettre en place des détections incendie. Certaines ont été installées sur des parties « patrimoniales » (comme si tout n’était pas patrimonial à la Bibliothèque nationale) mais pas partout car les poussières aurait rendu ce système non fiable à 100%. Ce point est exact, mais ne vaut-il pas mieux gérer des alarmes intempestives que manquer le déclenchement d’un feu ?
D’un mal peut naître un bien. Cette succession de sinistres sur des chantiers de monuments historiques démontre qu’il est désormais indispensable de prévoir, dans la loi, des obligations spécifiques aux travaux sur les chantiers monuments historiques. Nous renvoyons sur ce sujet à la conclusion de cet article.


Didier Rykner, mercredi 7 août 2013


Notes

1L’OPPIC est l’opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la Culture. Il intervient sur les grands chantiers du ministère soit comme maître d’ouvrage ou conseil. Il est maître d’ouvrage délégué sur celui de la Bnf.





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