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Adolphe Willette (1857-1926). « J’étais bien plus heureux quand j’étais malheureux »
L’Isle-Adam, Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, 15 juin au 28 septembre 2014
Portrait d’Adolphe Willette 1896
Pointe sèche
Paris, INHA
Photo : INHA, RMNGP
Au clair de la lune, mon ami Pierrot… a un teint macabre, et finit rongé par les vers de Verlaine : « Ce n’est plus le rêveur lunaire du vieil air/ […] Et son spectre aujourd’hui nous hante, mince et clair » [1]. Paul-Napoléon Roinard préfère rire jaune : « Au clair de la lune / La lune en zéro / A l’air d’une thune / Et rit de Pierrot », dans un poème qu’il dédie au peintre Adolphe Willette.
Willette, en effet, fit de Pierrot son double. En témoigne son portrait gravé par Marcellin Desboutin (ill. 1), présenté au Salon de 1896, qui le montre en pied, vêtu d’un costume noir et blanc, plus apprêté que le Gilles de Watteau ; un chat noir rappelle le rôle qu’il joua au cœur de Montmartre [2]. Ce personnage de la Commedia dell’Arte hante l’œuvre de Willette tout au long de sa carrière, facétieux et mélancolique, Pierrot blanc, Pierrot noir.
Le Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, en collaboration avec le Musée Félicien Rops, consacre une rétrospective à cet artiste que les amours ont mené un temps à l’Isle-Adam. Quelques dessins et documents conservés dans les collections ont été complétés par l’acquisition récente d’un tableau (voir la brève du 4/4/14). Le parcours thématique met en valeur un œuvre foisonnant - donc inégal - constitué de peintures, de décors, de dessins de presse, d’affiches, d’illustrations, qui résonnent les uns avec les autres, Willette s’inspirant d’un dessin pour une peinture et inversement. C’est dans les années 1884-1890 qu’il sut se montrer novateur avant de se laisser aller à la facilité.
« Pierrot amoureux »
Le Chat noir n°13
8 avril 1882
Paris, Musée de Montmartre
Enfin ! Voilà le choléra
Planche n°15 de Pauvre Pierrot, 1885
Aquatinte - 32,5 x 25 cm
L’Isle-Adam, Musée…