Un tableau de Thomas Blanchet pour Valence


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Thomas Blanchet (1614-1689)
L’Amour nourri par l’Espérance
Huile sur toile - 93 x 71,5 cm
Valence, Musée
Photo : Galerie Descours

8/9/14 - Acquisition - Valence, Musée - Le Musée de Valence s’est fait une spécialité de la peinture de paysage et mène une politique volontaire d’acquisition dans ce domaine. Il vient ainsi d’acheter à la galerie Descours de Lyon un tableau de Thomas Blanchet représentant L’Amour nourri par l’Espérance. On voit, dans le paysage urbain qui se déploie à l’arrière-plan, la silhouette caractéristique du Colisée. Il s’agit donc d’une vue romaine, mais en partie imaginaire (on distingue également sur la droite un obélisque, tandis que nous n’avons pas pu identifier le temple en ruine du premier plan). Blanchet, pendant son séjour dans la Ville éternelle où il est documenté entre 1647 et 1653, multiplia ce type de caprices architecturaux.

Nicolas Poussin eut sur l’artiste une influence notable qui se remarque ici, même si cette œuvre se rapproche davantage des tableaux de Jean Lemaire, lui-même très proche de Poussin. La toile était anciennement attribuée à ce dernier avant que la spécialiste de Blanchet, Lucie Galactéros-de Boissier, ne la lui rende dans la monographie qu’elle lui a consacrée1. Les figures, en revanche, sont davantage inspirées par Vouet. À gauche, Cupidon est allaité par l’Espérance qu’on identifie grâce à l’ancre qu’on distingue dans son dos, tandis que les trois autres putti représentent probablement (de gauche à droite) les Arts (la lyre, la palette, le compas et l’équerre figurent respectivement la poésie, la peinture, la sculpture et l’architecture), la Volupté (la torche allumée) et la Fécondité (le lapin). Les putti volant tiennent également des attributs, l’un une clé (la Fidélité), l’autre une palme et une boule de feu (la Fidélité éternelle). Comme le souligne Mehdi Korchane dans la notice qu’il nous a fait parvenir sur ce tableau, faute de connaître la nature du commanditaire, il est difficile d’aller plus avant dans l’interprétation de cette iconographie.

Cette œuvre viendra, au Musée de Valence, rejoindre un beau paysage de ruines de Pierre Patel (qui n’est, lui, jamais allé en Italie) ainsi que trois toiles représentant des monuments romains peintes par le méconnu Claude Nattiez et qui fut actif à Rome dans les mêmes années que Thomas Blanchet (voir notre article sur la réouverture du Musée de Valence).


Didier Rykner, lundi 8 septembre 2014


Notes

1Lucie Galactéros-de Boissier, Thomas Blanchet (1614-1689), préface de Jacques Thuillier, Paris, Arthéna, 1991.





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