Le symbolisme Contenu abonnés


Auteur : Rodolphe Rapetti

jpg-couverture_symbolisme_rapetti-jpgLe Symbolisme est un serpent de mer de la bibliographie. Reconnu depuis quelques années seulement comme un moment crucial de l’histoire de l’art, il a bénéficié par le passé de vagues d’intérêt aux crêtes d’autant plus visibles qu’elles étaient séparées par des creux abyssaux. S’agissant des ouvrages généraux, cette esthétique multiforme, pluridisciplinaire et internationale n’a pourtant donné jusqu’ici naissance en français qu’à un nombre restreint d’ouvrages significatifs. Après les travaux précurseurs mais trop peu scientifiques de Philippe Jullian et le Journal du Symbolisme de Robert Delevoy (1977), intelligent et somptueux mais au langage très daté, les tentatives se limitaient à des généralités utiles et « grand public » mais restant souvent en surface : ainsi de l’Encyclopédie du Symbolisme de Jean Cassou (1979) ou de La Génération symboliste de Pierre-Louis Mathieu (1990) ; passons sur le fatras inextricable de l’ouvrage de José Pierre, L’univers symboliste (1991) dont on peut dire, sans nuire à la mémoire de ce chercheur attachant, qu’il est plus un amusant « monologue extérieur » sur « ma bibliothèque dans le désordre avec illustration en forme de cadavres exquis » qu’un livre sérieux (mais José Pierre étant un spécialiste du Surréalisme, on ne lui en voudra pas du caractère involontairement parodique de ce pavé illisible). C’est donc par les articles de recherche universitaire et les expositions, souvent issus de travaux réellement motivés, que le Symbolisme a pu survivre à ces aléas. L’article de Jean-Paul Bouillon « Symbolisme et art » de l’Encyclopaedia universalis (1973), forme comme le prélude de cette recherche de fond trop peu relayée par des publications d’ampleur mais dont le numéro spécial de la Revue de l’art (1992) reflètera vingt ans plus tard la bonne santé. Après les expositions de Londres French Symbolist Painters (1972) et du grand Palais à Paris Le Symbolisme en Europe (1976), il fallait ainsi attendre les années 1990 pour que des manifestations donnent plus de visibilité à la recherche avec, par exemple, Paradis perdus : l’Europe symboliste de Jean Clair et Guy Cogeval (Montréal, 1996) ou l’exposition itinérante Les Peintres de l’âme (1999-2004), consacrée au Symbolisme idéaliste jusque là délaissé. Mais toujours aucun vaste ouvrage de synthèse, en dehors de travaux universitaires parfois non publiés, d’expositions et d’études soit monographiques soit limitées à un champ géographique réduit.

C’est dire que le livre de Rodolphe Rapetti était attendu, d’autant qu’on en connaissait l’existence depuis un certain nombre d’années ainsi que les difficultés rencontrées par l’auteur pour le rendre public. Il n’est pas inutile en effet d’évoquer avec regret les réticences que le paysage éditorial et institutionnel français persiste à exprimer vis à vis du Symbolisme1. Sachons donc gré à Flammarion d’avoir eu le courage de cette édition bienvenue (avec une version en anglais). Et pourtant, il faut regretter d’emblée la…

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