Exposition de tableaux dans les galeries parisiennes (2)


16/11/13 - Paris, Marché de l’art - Nous continuons, à la suite de notre premier article, notre visite de ce que l’on pourrait appeler Paris Tableau off.
Au Faubourg Saint-Honoré, la galerie Mendes1 met en valeur le « grand genre », avec une série de peintures d’histoire et quelques dessins du XVIe au XIXe siècle (un catalogue est publié). On appréciera notamment du XVIIe siècle une belle Résurrection de Lazare de Thomas Blanchet, ou un rare tableau attribué à Noël Quillerier, artiste dont on ne conserve que peu d’œuvres, mais on publiera ici la grande peinture de Théobald Chartran Priam demandant à Achille le corps d’Hector (ill. 1), exécutée pour le Grand Prix de Rome de 1876. Achille semble être une citation directe de Laurent duc d’Urbino sculpté par Michel Ange, tandis que l’accumulation de détails décoratifs n’est pas sans rappeler Gérôme. Cet Achille fait face à Brutus confronté au spectre de César, une splendide toile anonyme, sans doute anglaise, peut-être peinte à Rome vers 1775. Nous en avions déjà parlé ici.


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1. Théobald Chartran (1849-1907)
Priam demandant à Achille le corps d’Hector, 1876
Huile sur toile 6 146 x 115 cm
Galerie Mendes
Photo : Galerie Mendes
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2. Battistello Caracciolo (1578-1635)
Joseph et la femme de Putiphar
Huile sur toile - 115 x 170,5 cm
Galerie Maurizio Nobile
Photo : Galerie Maurizio Nobile

De l’autre côté de la rue, la galerie Maurizio Nobile2 s’attaque à « la fidélité et à la trahison » aussi bien biblique que mythologique : ici Lucrèce se donne la mort dans une composition dramatique de Pier Dandini, là Esther s’évanouit devant Assuérus, peinte par Antonio Molinari. Entre ces deux sensualités trône un chien beagle à l’arrêt représenté par Peter Boel, qui évoque moins la fidélité qu’une battue de chasse. On saluera la chasteté de Joseph devant la femme de Putiphar, toile attribuée à Battistello Caracciolo (ill. 2), qui serait le modèle original de plusieurs versions connues. Enfin, Salomé joue de ses charmes pour obtenir la tête de Jean-Baptiste qu’elle reçoit sur un plateau : le tableau est attribué au Maître de l’Incrédulité de saint Thomas que Gianni Papi propose dans le catalogue d’identifier à Jean Ducamps.

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Place Vendôme, on s’arrêtera chez Emmanuel et Laurie Marty de Cambiaire3 qui proposent un étrange tableau, un Martyre de saint Hippolyte peint au XVIIIe siècle par Pierre Subleyras et en partie repeint au XIXe ! Vandalisme dira-t-on, si ce n’était la personnalité du second peintre, qui n’est autre que Théodore Géricault. L’œuvre, conservée dans la même famille au moins depuis le début du XIXe siècle, était citée dans un livre de raison consulté en son temps par Germain Bazin. Celui-ci expliquait que Géricault l’avait retouchée.
On distingue encore le fantôme du cheval réalisé par Subleyras, que Géricault a entièrement repeint dans sa manière fougueuse. ll a également rajouté quelques touches de peinture, notamment dans l’œil de l’autre destrier. Il est particulièrement intéressant de comparer cette version avec une autre déposée par le Louvre à Fontainebleau.
On verra aussi chez Marty de Cambiaire un bel ensemble de paysages français du XIXe siècle provenant de la collection qui avait été exposée au Musée des Beaux-Arts de Lyon en 2010 et que nous avions recensée ici. Deux catalogues ont été édités, l’un pour le Subleyras/Géricault, l’autre pour les paysages.


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4. Léon Cogniet (1794-1880)
Étude pour le Massacre des Innocents, 1824
Crayon noir et rehauts de craie blanche - 32 x 25,5 cm
Galerie de Bayser
Photo : Galerie de Bayser

Rendons-nous maintenant rue Sainte-Anne même si l’on sort ici du champ de la peinture puisque la galerie de Bayser4 présente (avec catalogue) des sculptures et dessins dont un Le Sueur et un Goya, ainsi qu’un très intéressant ensemble d’œuvres sur papier de Léon Cogniet, bénéficiant lui aussi d’un catalogue. On retiendra surtout les études préparatoires aux Saintes Femmes au tombeau du Christ, peinture murale de l’église de la Madeleine, et une remarquable étude sur papier bleu pour le Massacre des Innocents du Musée des Beaux-Arts de Rennes.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges et Didier Rykner, samedi 16 novembre 2013


Notes

1Exposition du 14 novembre 2013 au 18 janvier 2014. 36, rue de Penthièvre, 75008 Paris. Tél : 00 33 (0)1 42 89 16 71. Site internet.

245, rue de Penthièvre, 75008 Paris Paris. Tél : 00 33 (0)1 45 63 07 75. Site internet].

3Exposition du 13 au 22 novembre 2013. Marty de Cambiaire Fine Art, 16, place Vendôme, 75001 Paris. Tél 00 33 (0)1 49 26 05 01. Site internet.

469, rue Sainte-Anne, 75002 Paris. Tél : 00 33 (0)1 47 03 49 87. Site internet.





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