Victor Horta 1861-1947. L’homme, l’architecte, l’art nouveau Contenu abonnés


Auteur : Michèle Goslar.

En voyant pour la première fois le somptueux volume consacré à Victor Horta (ill. 1) à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de sa naissance, publié par le Fonds Mercator et la Fondation Pierre Lahaut, on pourrait croire qu’il s’agit d’un « beau livre » de plus, entre la vulgarisation et l’album d’images séduisantes. Non qu’un ouvrage dédié à l’histoire de l’art et l’architecture se doive, pour être sérieux et savant, d’être ennuyeux et mal illustré, et qu’un livre luxueux soit toujours peu scientifique, mais, hélas… c’est parfois le cas. Dans le cas présent, le remarquable travail réalisé par Michèle Goslar parvient à allier la richesse du contenu et la splendeur de la réalisation, ce qui ne peut que ravir et l’amateur et le spécialiste. Ainsi que le rappelle dans sa préface Werner Adriaenssens, la bibliographie dévolue à cet immense architecte que fut Victor Horta est à la fois pléthorique et mince : pléthorique par les ouvrages généraux, les recueils d’images, les approches superficielles ou au contraire très pointues ; mince par les textes de fond. En effet, s’il faut citer la première grande monographie due à Franco Borsi et Paolo Portoghesi (qui date déjà de 1970), il manquait encore une vraie biographie de Horta, personnage discret et tourmenté, une exploitation poussée et actualisée de ses écrits (dont le manuscrit des Mémoires conservé au Musée Horta et publié en 1986) et un recueil exhaustif de ses réalisations si nombreuses. Or, le livre qui vient de paraître réunit tout cela. Il n’est pas indifférent que ce volume soit en effet conçu comme une biographie ; l’auteur, bien connu pour ses travaux qui font autorité sur Marguerite Yourcenar, n’est pas « à proprement parler » historien de l’art.

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1. Victor Horta au travail, vers 1905
Photographie
Saint-Gilles, Archives du Musée Horta,
Fondation Jean et Renée
Delhaye
Photo : Archives du Musée Horta,
Fondation Jean et Renée Delhaye
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Cela ne l’empêche pas d’avoir travaillé pendant une douzaine d’années avec toute la rigueur scientifique et les méthodes qui conviennent à une telle somme. Il peut appartenir à tel ou tel spécialiste de l’Art nouveau ou de l’architecture d’envisager tel concept, de mettre en perspective tel bâtiment, de considérer Horta dans tel contexte ; Michèle Goslar, passionnée par le sujet, prend à bras le corps la vie et l’œuvre du maître, construit une biographie à partir de l’œuvre bâti, des projets non réalisés et des sources personnelles, tout comme elle ne s’arrête pas, s’agissant des édifices, à une étude architecturale : en étudiant chaque monument à partir des relations de l’architecte avec ses commanditaires, sans oublier leur devenir jusqu’à aujourd’hui, c’est aussi une sorte de « biographie architecturale » qu’elle traite et dont les chapitres égrènent aussi l’histoire de l’architecture d’un demi-siècle. C’est ainsi un portrait de l’architecte à travers son œuvre autant qu’une étude de l’œuvre lui-même. L’humanité du…

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