Gauguin et l’École de Pont-Aven Contenu abonnés


Auteur : André Cariou

Lorsque paraît un nouveau livre consacré à Poussin, Gauguin ou Picasso, on est le plus souvent tenté de hausser les épaules et de dire : « encore ?! » Certes, il y plusieurs sortes de « livres d’art », mais les plus nombreux ressortissent à des catégories dont on ne rappellera jamais assez qu’ils contribuent plus à la déforestation qu’au savoir. Il y a heureusement les livres qui remettent les pendules à l’heure : ces derniers résultent d’années ou de dizaines d’années de recherche, s’appuient sur des sources en grande partie inédites et enrichissent le sujet d’une vision neuve, rigoureuse et fondée. Ce sont évidemment les plus rares mais ce sont les seuls qui font avancer l’histoire de l’art, et qui restent. Aussi, lorsqu’un éditeur annonce un ouvrage sur Gauguin et l’École de Pont-Aven, on peut légitimement s’interroger quant à la catégorie dans laquelle il faudra le ranger. Avait-on besoin d’un énième livre sur un peintre cent fois étudié et cent fois exposé, et sur Pont-Aven, dont la bibliographie décourage par son ampleur ? Il faut bien constater que la réponse est positive, car si les sujets totalement inédits méritent évidemment un vrai travail, les courants et les artistes les plus illustres souffrent également très souvent d’approximations et de mythifications qu’un véritable flot éditorial ne fait qu’amplifier avec le temps. Il est tellement simple de reprendre, sans jamais aller aux sources, les dates, les faits déjà décrits maintes fois, erreurs comprises. Il est aussi tellement plus gratifiant de pontifier dans un langage pseudo-théorique ou d’élucubrer des propositions interprétatives socio-politico-genrées à la mode que de s’atteler à regarder les œuvres, à reprendre les fonds d’archives de visu, à rechercher et décrypter les correspondances et à traquer, encore et toujours, le document rare, la photographie éloquente, l’indice décisif. Il n’y a pas de vraie histoire de l’art sans des faits implacablement établis et une prise en considération des œuvres, car, qu’on le veuille ou non, et n’en déplaise à certains, dans le nom de cette noble discipline il y a les mots « histoire » et « art ».

André Cariou, qui publie cette somme sur Gauguin et la question de « l’École » de Pont-Aven, travaille sur ces sujets depuis quarante ans sans jamais avoir rompu le contact avec les œuvres, ni avoir cessé ses investigations. C’est tout dire. Lorsqu’on lit son livre, qui vient certes après ses nombreuses publications sur le sujet, mais en est le couronnement, on prend la mesure du labeur accompli et de son impérieuse nécessité. Car cet ouvrage, que l’on peut utiliser comme un outil scientifique désormais indispensable, mais qu’il est aussi loisible de lire comme un récit très vivant et parfaitement accessible, répond à quasiment toutes les questions en actualisant la connaissance au plus près des faits. Quand et pourquoi Gauguin a-t-il exactement vécu à Pont-Aven, dans quelles circonstances, dans quelles conditions, avec quel résultat ?…

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