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Vu[e]s de dos. Une figure sans portrait

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Deauville, Franciscaines, du 28 février au 31 mai 2026

Nombre de chefs-d’œuvre ne sont pas dans cette exposition... Et cela n’a pas d’importance. Il faut dire que le sujet évoque inévitablement des peintures célèbres : les « figures vues de dos », ce sont celles, romantiques, qui contemplent la nature dans les tableaux de Friedrich, ou qui meurent trucidées par l’implacable Sardanapale chez Delacroix ; ce sont celles, sensuelles, qui s’offrent plus paisiblement au regard, la Grande Odalisque à la cambrure interminable ou la Baigneuse aux courbes voluptueuses sous le pinceau d’Ingres. C’est aussi la rose onctuosité d’une robe « à la française » peinte par Watteau sur L’Enseigne de Gersaint, et le gris feutré des intérieurs d’Hammershoi ; c’est la poésie méditative de Vermeer et la modernité laborieuse de Caillebotte dont les Raboteurs de parquet furent jugés si triviaux ; c’est Rubens, c’est Magritte, et si l’on veut explorer la troisième dimension, c’est aussi l’Hermaphrodite qui sommeille dans le marbre depuis le IIe siècle.


1. Carl Gustav Carus (1789-1869)
Vue de Dresde au coucher du soleil, vers 1822
Huile sur toile - 22 x 30,5 cm
Chemnitz, Kunstsammlungen
Photo : bbsg

Aucune de ces œuvres n’est visible aux Franciscaines de Deauville. Mais peut-on sérieusement en faire le reproche à ce musée créé il y a cinq ans à peine ? Ne pouvant obtenir les prêts de telles icônes, devait-il renoncer à ce sujet - inédit - qui lui fut inspiré par un petit tableau de sa collection, L’Enterrement de Poincaré par André Hambourg ? Que nenni. Annie Madet-Vache, directrice et commissaire, a su contourner l’obstacle : au lieu de chercher à faire oublier les célébrités invisibles, elle souligne leur absence, en faisant le choix de reproduire certaines d’entre elles - en grand format et en noir et blanc, ce qui évite toute confusion avec les versions originales - et de confronter leurs reproductions aux créations contemporaines qu’elles ont inspirées : La Grande Baigneuse fut ainsi…

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