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Une tabatière rocaille pour Cleveland

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14/5/26 - Acquisition - Cleveland, The Cleveland Museum of Art - C’est, à la fois, un monument rocaille et un tout petit objet, naturellement destiné à tenir dans la main, puisque cette boîte (ill. 1) faisait certainement office de tabatière. Désormais voué à devenir le meilleur conservatoire de l’œuvre de Meissonnier, le musée de Cleveland vient d’annoncer l’acquisition [1] de ce petit trésor qui fut longtemps la seule pièce connue à porter le poinçon de Juste-Aurèle Meissonnier. Exécutée en or et ornée de lapis-lazuli, cette précieuse boîte à la silhouette chantournée fera merveille dans les salles de l’exposition « Juste-Aurèle Meissonnier : Rococo Goldsmith in Focus » qui a pour seul inconvénient de n’être prévue qu’à Cleveland, où elle ouvrira en octobre.


1. Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750)
Tabatière livrée pour Marie-Anne de Neubourg, 1728-1729
Or et lapis-lazuli - 3 x 8,3 x 5,2 cm
Cleveland Museum of Art
Photo : Cleveland Museum of Art

Arborant fièrement les armes d’alliance (ill. 2) de Marie-Anne de Neubourg et du roi Charles II d’Espagne, le dessus de cette boîte fait directement écho à la personnalité de sa probable commanditaire (ou du moins destinataire), veuve du dernier monarque Habsbourg d’Espagne, disparu sans descendance dès 1700. Restant dans son pays d’adoption, elle vécut reléguée à l’Alcazar de Tolède après l’avènement de Philippe V mais n’y resta que cinq ans avant d’être exilée à Bayonne, jusqu’en 1739. Enfin autorisée à regagner l’Espagne, la reine déchue s’installa au palais de l’Infant à Guadalajara mais s’y éteignit à peine un an plus tard. Le dénuement dans lequel elle était réputée vivre est quelque peu contrebalancé par l’existence de cet objet, assez luxueux, exécuté en 1728-1729, pendant son exil basque qui dura plus de trente ans.


2. Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750)
Tabatière livrée pour Marie-Anne de Neubourg, 1728-1729
Or et lapis-lazuli - 3 x 8,3 x…

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