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Une jardinière impériale pour Sèvres
11/6/26 - Acquisition - Sèvres, Musée national de Céramique - C’est une pièce tout à fait exceptionnelle qui semblait destinée à rejoindre les collections nationales, ce qui ne manqua pas de se produire lors de la vente orchestrée par Millon le 10 avril. La belle « jardinière ovale Louis XV » y fut adjugée à son estimation basse, fixée à 40 000 € et aussitôt préemptée pour le Musée national de Céramique. Son prestigieux pedigree comme l’élégance de son décor en « pâte sur pâte » justifient aisément cet achat, même s’il faudra attendre plusieurs années pour l’admirer puisque le musée, aussi riche que poussiéreux, entre dans une longue période de travaux [1].
Jean Hyacinthe Régnier (1803-1870) et Jean-Denis Larue (1815-1884)
Jardinière ovale « Louis XV », 1863-1866
Porcelaine dure, bronze doré, marbre rouge griotte - 52,5 x 79 x 39 cm
Sèvres, Musée national de Céramique
Photo : Yann Girault
Cette « jardinière ovale Louis XV » ne manquera pas d’y trouver une place de choix et aurait tout aussi bien pu gagner une institution telle que le Louvre voire Compiègne, avec ses musées du Second Empire, mais l’intérêt comme la beauté de son décor lui assureront une position digne de son rang dans le « futur » musée de Sèvres. Dessiné par Jules Diéterle, comme en témoignent deux dessins sur place, cet objet (ill. 1) est enrichi d’un beau socle en marbre rouge griotte sur lequel il repose à l’aide des deux pieds en forme de dauphin. Exécuté par le sculpteur Jean-Denis Larue, actif à Sèvres de 1853 à 1883, celui-ci correspond à un modèle établi le 27 avril 1861. Chef-d’œuvre de style néo-Louis XV, cette jardinière ne pouvait que séduire l’impératrice Eugénie : même si celle-ci n’en fut pas la commanditaire, elle sut la choisir pour orner l’une de ses résidences parisiennes, aujourd’hui relativement méconnue, son hôtel de la rue de l’Élysée. Classé…