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- Laurence des Cars
Présidente-directrice du Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre/N. Guiraud - Voir l´image dans sa page
Laurence des Cars vient de donner une interview au Parisien, et une nouvelle fois, la présidente-directrice du Louvre raconte à peu près n’importe quoi. Tout cela est simple à prouver, et nous avons déjà démontré que plusieurs de ses affirmations sont des contre-vérités. Mais elle arrive toujours à nous surprendre. Regardons plusieurs de ses déclarations, dont certaines, bien qu’elles ne soient pas nouvelles n’ont pas encore été examinées ici.
« Ce qui est très cruel dans le drame du 19 octobre, c’est qu’au-delà des efforts faits chaque année pour la sécurité du musée, nous étions précisément sur le point de déployer concrètement un grand schéma directeur de sûreté. »
Oui, c’est exact, ils étaient sur le point de déployer concrètement le schéma directeur de sûreté. Mais ce schéma avait été interrompu en 2022, pendant plus de trois ans donc, comme nous l’avons démontré dans cet article. Et « les efforts faits chaque année pour la sécurité du musée » se résumaient, depuis le début de son mandat, à environ 400 à 500 000 euros par an, soit presque rien.
« Cet audit [celui de Van Cleef & Arpels sur la sécurité], je l’ai découvert le 23 octobre, quatre jours après le vol, après ma demande de la remontée de toutes les interventions sur vingt-cinq ans dans la galerie d’Apollon. »
Si cela est vrai, il est scandaleux qu’elle ne se soit pas préoccupée avant de la sécurité de la galerie d’Apollon, car c’était son rôle de s’informer sur les travaux réalisés dans ce lieu, et sur sa sécurité réelle. Mais si c’est vrai, on se demande aussi pourquoi, le 25 novembre, soit plus d’un mois après sa « découverte » du rapport, les deux juges d’instruction saisis du cambriolage n’avaient toujours pas été informés de son existence, si l’on en croit l’article du Monde qui a révélé l’existence de ce rapport.
« Quand j’arrive, on me dit que s’il y a une chose sur laquelle on peut être totalement rassuré, les bijoux de la Couronne. »
Qui lui a dit cela ? Peut-on la croire ? Évidemment, compte tenu de sa propension à raconter à peu près n’importe quoi sur ce sujet, on nous permettra d’être sceptique. Quoi qu’il en soit, il était de sa responsabilité de vérifier que tel était bien le cas.
« Cette aile Sully autour de la Cour Carrée a été la grande oubliée du Grand Louvre, et sera au cœur du projet « Louvre-Nouvelle Renaissance ». »
Voilà un mensonge supplémentaire, qu’elle a déjà affirmé à plusieurs reprises, et dont nous n’avions pas encore parlé. C’est faux, bien sûr, trois fois faux. Le deuxième tome de l’Histoire du Louvre, publié en 2016 (voir cet article, en témoigne d’ailleurs : le chantier du Grand Louvre est intervenu très fortement sur la Cour Carrée puisque les départements égyptiens, des antiquités orientales, des peintures (françaises) et antiquités romaines, dans la Cour carrée, ont bénéficié de travaux très importants entre 1989 et 1997. Et, après le projet Grand Louvre, le département des Objets d’Art, dont une grande partie se trouve dans la Cour carrée, a été largement réaménagé à la suite d’un gros chantier (voir l’article). Sans parler de la galerie Campana, avec le résultat que l’on connaît.
« Le jour même du vol, à côté de la galerie d’Apollon, quand nous avons visionné les vidéos avec la ministre (Rachida Dati), je lui ai présenté ma démission. »
Cela confirme ce que nous avions déjà dit et écrit : la « démission » de Laurence des Cars a été faite au détour d’une porte, et pas par écrit comme c’est obligatoire pour un fonctionnaire. Et si une démission peut être refusée, ce refus est susceptible de recours. Rien de tout cela n’a été fait, pour une démission qui n’est que de façade.
« Le projet "Louvre-Nouvelle Renaissance", annoncé par le président le 28 janvier 2025, c’est vraiment la solution. »
Nous avons abondamment démontré que ce projet était le problème, pas la solution. Mais tant que Laurence des Cars sera soutenue par Emmanuel Macron, et tant que celui-ci sera président, il est à craindre que ce projet insensé ne se poursuive. Nous continuerons à le combattre.