Un tableau de Le Sueur préempté par Strasbourg

20/6/18 - Acquisition - Strasbourg, Musée des Beaux-Arts - C’est probablement en 1650 qu’Eustache Le Sueur acheva le décor de la chapelle de l’hôtel particulier de Guillaume Brissonnet à Paris [1]. L’autel en était orné d’une Annonciation, qui se trouve aujourd’hui au Museum of Art de Toledo, aux États-Unis ; le devant d’autel était formé de deux tableaux : Saint Guillaume et Sainte Marguerite, non localisés depuis le XIXe siècle ; le plafond, qui représentait L’Assomption, a été détruit dès la première moitié du XVIIIe siècle ; on voyait sur les lambris de bas en haut huit compositions octogonales figurant des épisodes de la Vie de la Vierge, dont six étaient peints par Le Sueur et qui sont aujourd’hui non localisés, et huit Béatitudes dont deux seulement sont repérées et étaient déjà cataloguées par Alain Mérot : La Justice (ill. 1), qui était en 1987 à Londres galerie Heim, et La Douceur (ou La Mansuétude) qui est conservée à l’Art Institute de Chicago (ill. 2).


1. Eustache Le Sueur (1616-1655)
Une Béatitude : la Justice
Huile sur panneau - 101,6 x 46,4 cm
Préempté par le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Photo : Christie’s
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2. Eustache Le Sueur (1616-1655)
Une Béatitude : la Douceur ou la Mansuétude
Huile sur panneau - 100,7 x 67 cm
Chicago, Art Institute
Photo : Art Institute of Chicago
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La Justice, qui passait en vente aujourd’hui chez Christie’s Paris et que nous avions reproduite dans notre brève consacrée aux ventes aux enchères de cette semaine (voir la brève du 18/6/18) a très heureusement été préemptée par le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg [2] pour 120 000 € marteau (150 000 € avec les frais).
Cette œuvre, comme sa compagne de Chicago, montre Le Sueur à son meilleur, d’un classicisme très épuré correspondant à ce qu’on qualifie d’atticisme parisien. Le profil très pur de la Justice, assise comme une statue sur une base en pierre et portant les attributs du glaive et de la balance, se détache sur un fond d’or gaufré. Nul doute que le décor entier devait être très impressionnant et il faut espérer que d’autres éléments de cet ensemble, dispersé sans doute à la Révolution, resurgiront un jour.

Ce bel achat permet à Strasbourg, qui conserve déjà des œuvres de Vouet (Loth et ses filles - voir l’article) et de son école (rappelons l’achat il y a dix ans d’un tableau de Dorigny), de faire entrer dans ses collections un premier tableau d’Eustache Le Sueur. Il est également sauf erreur la première acquisition d’importance des Musées de Strasbourg depuis que Paul Lang a pris leur tête au mois de mai (voir la brève du 7/12/17). Rappelons enfin que Dominique Jacquot, le conservateur du Musée des Beaux-Arts, est un spécialiste de l’école française du XVIIe siècle, et qu’il prépare une monographie sur Simon Vouet à paraître bientôt aux éditions Cohen & Cohen.

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