Un questionnaire de la Commission européenne sur le commerce de l’ivoire


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Italie du Nord (?) Toscane (?),
vers 1460-1480
Scènes de la vie de la
Vierge et saints franciscains

Ivoire d’éléphant sur une âme de bois
57,4 x 20,9 x 9,7 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN
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7/12/17 - Patrimoine, Commerce des œuvres en ivoire - L’histoire est un éternel recommencement, et cela est encore plus vrai dès qu’il s’agit, de la part de nos gouvernements, de prendre de mauvaises décisions.
Alors que les défenseurs du patrimoine se sont battus pour obtenir, ces dernières années, des lois et des décrets d’application sur l’isolement par l’extérieur, l’avis conforme des ABF et le commerce des ivoires anciens, et alors qu’ils avaient été entendus (voir notamment la brève du 15/5/17), voilà qu’il faut à nouveau revenir sur tous ces sujets.

L’urgence, aujourd’hui, concerne les œuvres d’art en ivoire. La menace ne vient en effet plus seulement des parlementaires ou d’un gouvernement qui ne comprend pas le sujet, mais désormais de la Commission européenne qui, selon les acteurs du marché de l’art, se prépareraient à prendre des mesures pour en limiter voire en interdire le commerce.
On notera qu’une nouvelle fois le ministère de la Culture semble de plus en plus absent de ces débats, laissant la société civile bien isolée face à une machine infernale qui avance en écrasant tout sur son passage. Même Sisyphe, face à une telle obstination, se serait lassé.

Alors qu’un arrêté raisonnable avait été publié au Journal Officiel en mai dernier (voir la brève citée plus haut), tout risque donc d’être à nouveau remis en cause. Nous reviendrons plus tard en détail sur cette question, mais nous tenions à signaler que la Commission européenne a mis en ligne un questionnaire sur ce sujet qui peut être rempli par toutes les personnes qui se sentent concernées, qu’il s’agisse de professionnels ou de simples particuliers. Il nous paraît essentiel que les lecteurs de La Tribune de l’Art répondent en masse à ce questionnaire dont la date limite de réponse est fixée à demain 8 décembre.

Rappelons pour ceux qui ne connaîtraient pas bien le sujet que l’interdiction du commerce des œuvres en ivoire (ou en cornes de rhinocéros) antérieures à 1947 ne sauvera évidemment pas un seul animal. L’urgence est bien de lutter contre le braconnage et le commerce de l’ivoire brut ou des objets récemment manufacturés. Nous avions écrit un article à ce sujet que nous vous invitons à relire.

En attendant, et de manière urgente (avant demain soir), vous pouvez répondre au questionnaire à partir de cette page (cela prend moins d’un quart d’heure).


Didier Rykner, jeudi 7 décembre 2017





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