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Un plat de Léonard Limosin en route vers le château d’Écouen ?
21/2/26 - Acquisition en cours - Écouen, Musée national de la Renaissance - Le 8 juin 2023 fut une journée intéressante pour le patrimoine puisque les lecteurs du Journal officiel ont pu y découvrir un triptyque très attendu : avant les ventes Rothschild prévues à l’automne mais organisées à New York, trois fleurons des collections amassées par la branche française de la célèbre famille de banquiers et amateurs d’art furent classés « trésor national » par le ministère de la Culture. Si le premier d’entre eux put rejoindre le Musée du Louvre à l’automne 2024, on attend encore des nouvelles du troisième [1] tandis que le deuxième vient de refaire parler de lui dans le Journal officiel où il fait l’objet d’un appel à mécénat d’entreprise.
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- 1. Photographie ancienne du plat de Léonard Limosin
- Voir l´image dans sa page
Conservé à l’abri des regards depuis la fin du XIXe siècle, ce plat n’en est pas moins célèbre, voire mythique : abondamment publié et parfois même reproduit (ill. 1), il a été décrit avec emphase en 1913 dans Léonard Limosin et les émailleurs français où son auteur est fort louangeur et termine sa description en assurant que « jamais ne s’est mieux manifestée la prodigieuse virtuosité technique de Léonard [2] ». On comprend son enthousiasme en observant une photographie plus récente (ill. 2) de ce chef-d’œuvre où les armoiries du connétable Anne de Montmorency dominent la composition et racontent à elles seules la provenance, voire la destination de cet objet de prestige. Pièce de vaisselle d’apparat en cuivre émaillé, ce plat — ou bassin — a de surcroît l’avantage d’être précisément signé et daté (de 1555) par le plus grand émailleur de la Renaissance française, Léonard Limosin. Le Festin des Dieux est ainsi identifié avec le « bassin ovale, aux armes du connétable » évoqué dans l’inventaire de l’hôtel parisien d’Anne de Montmorency dressé dès l’année 1556.