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Un Guillon-Lethière pour Worcester
11/5/26 - Acquisition - Worcester Art Museum - La composition est évocatrice, et fait irrésistiblement songer à Vénus au miroir de Velázquez voire à la Maja nue de Goya, ainsi que le suggérait Esther Bell dans la notice qu’elle consacrait au tableau dans le catalogue de l’exposition « Guillon-Lethière. Né à la Guadeloupe » (voir l’article), qui s’est tenue au Musée du Louvre en 2024-2025. Pour la première fois depuis le début du XIXe siècle, on put admirer à Paris une toile qui était alors déposée au Worcester Art Museum par la galerie Libson Yarker et qui fut finalement acquise peu après [1]. Il faut dire que ce tableau avait suscité un certain intérêt, depuis sa réapparition dans une vente à Portland en 2005, rejoignant ensuite la collection Kagan et ré-affrontant le feu des enchères chez Christie’s à New York, en octobre 2019. Il fut pourtant ravalé dans cette vente où la National Gallery of Art de Washington acheta de haute lutte le Coriolan de Girodet (voir la brève du 1/11/19), mais fut alors acquis par Lowell Libson et Johnny Yarker, qui le proposèrent ensuite lors de Frieze Masters en octobre 2021.
Lucien Bonaparte contemplant Alexandrine de Bleschamp Jouberthon, 1802
Huile sur toile - 105,7 x 135,9 cm
Worcester Art Museum
Photo : Worcester Art Museum
Au sein de l’exposition du Louvre, le tableau de Worcester retrouva l’effigie (ill. 2) de son commanditaire, Lucien Bonaparte, « grand et fidèle mécène de Lethière » décrit encore Esther Bell dans sa notice. Le deuxième frère de Napoléon, veuf de Christine Boyer, tomba sous le charme d’une jeune veuve, Alexandrine de Bleschamp. L’union fut violemment réprouvée par le Premier consul (et futur empereur) qui ne reconnut pas leur mariage et contraignit même le couple à l’exil en Italie. Proche du pape Pie VII, Lucien se fixa à Canino, près de Viterbe, dont la terre fut érigée en principauté. Le mariage avec…