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Rodin-Bourdelle. Corps à corps
Paris, Musée Bourdelle, du 2 octobre 2024 au 2 février 2025
Roubaix, La Piscine, du 1er mars au 1er juin 2025
Montauban, Musée Ingres Bourdelle, du 27 juin au 19 octobre 2025
Parce qu’il n’est jamais facile d’oublier Rodin, pour emprunter le titre de l’exposition (voir l’article) de Catherine Chevillot au Musée d’Orsay, l’une des toutes premières propositions d’Ophélie Ferlier Bouat à son arrivée à la direction du Musée Bourdelle (voir la brève du 20/9/21) fut de lancer cette exposition, qui mit trois ans à se concrétiser mais que le public peut découvrir dans trois beaux musées, d’abord à Paris puis à Roubaix et enfin à Montauban. Ingres y a durablement éclipsé Bourdelle, dont le musée porte également le nom et consacre depuis sa réouverture de superbes espaces à sa collection de sculptures de l’enfant du pays (voir l’article). S’il était donc assez naturel qu’un tel projet émane du Musée Bourdelle à Paris, où il nous fut possible de voir l’exposition l’hiver dernier, avouons malgré tout préférer sa deuxième étape roubaisienne - où les espaces d’exposition aménagés par Jean-Paul Philippon sont conçus pour la sculpture - en attendant son épilogue montalbanais !
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- 1. Vue de l’exposition « Rodin-Bourdelle. Corps à corps » à Paris
Photo : Nicolas Borel - Voir l´image dans sa page
Inaugurée comme à Paris par la confrontation (ill. 1) des deux Adam, cette deuxième étape souffre tout au plus de l’absence assez cruelle de la grande version de l’Ève au rocher de Rodin taillée par Bourdelle, que la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague ne prêta finalement qu’à Paris alors qu’on sait le musée danois riche en Rodin. On s’en console à vrai dire assez vite mais cette sculpture était parfaite pour évoquer la collaboration entre les deux artistes, entre le modeleur et l’un de ses praticiens, tout en n’oubliant pas que Bourdelle n’a jamais taillé - d’ailleurs dans son propre atelier de l’impasse du Maine - qu’une quinzaine de marbres pour Rodin. Étudiés avec soin, les liens entre les deux hommes furent nourris par vingt ans d’échanges épistolaires, impeccablement édités par Colin Lemoine et Véronique Mattiussi chez Gallimard en 2013…