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Renoir, Matisse, et la tentation du spectacle
« Renoir et l’amour. La modernité heureuse (1865-1885) », du 17 mars au 19 juillet 2026, Paris Musée d’Orsay.
« Renoir dessinateur », du 17 mars au 5 juillet 2026, Paris, Musée d’Orsay.
« Matisse 1941-1954 » du 24 mars au 26 juillet 2026, Paris, Galeries nationales du Grand Palais.
Va-t-on au musée comme on va au cinéma ? Hélas oui, désormais. En quête de nouveautés, visiteurs et spectateurs se posent la même question : quelles sont les sorties de la semaine, quelles sont les expositions de la saison ? Il faut, pour choisir, une affiche séduisante, un titre accrocheur et bien sûr des vedettes, Tom Cruise ou Pierre Niney, Auguste Renoir, Henri Matisse... Le musée n’est plus qu’un lieu d’expositions temporaires, et l’exposition temporaire, un produit culturel parmi d’autres, soumis aux mêmes impératifs de visibilité, de communication et de fréquentation, voire de rentabilité. N’est-elle pas censée, pourtant, découler de recherches scientifiques, enrichir les connaissances sur un artiste célèbre, mettre en lumière un maître méconnu ?
Pas forcément.
Elle peut avoir un objectif plus simple : celui d’épater la galerie. Et pourquoi pas ? Il faut bien l’admettre, les deux expositions consacrées l’une à Renoir, l’autre à Matisse, sont éblouissantes, offrant une parfaite illustration de cette volonté désormais d’attirer le public plutôt que de faire progresser l’histoire de l’art.
Le Déjeuner des canotiers, 1880-1881
Huile sur toile - 130 × 173 cm
Washington, The Phillips Collection
Photo : The Phillips Collection, Washington, D.C.
Le Musée d’Orsay a choisi un titre aguicheur à souhait, « Renoir et l’amour », combinaison gagnante d’un peintre célèbre et d’un thème universel, indéniablement attrayant, bien qu’il ne soit pas tellement révélateur du propos. Plus que le sentiment amoureux, c’est le bonheur de vivre qui jaillit des toiles du maître, ce qui le desservit d’ailleurs, comme il l’écrivit lui-même : « Je sais bien qu’il est difficile de faire admettre qu’une peinture puisse être de la très grande peinture en restant joyeuse ». Derrière le titre, le scénario de l’exposition se veut audacieux, un brin exagéré tout de même, en faisant de Renoir la…