{"version":"1.0","type":"rich","provider_name":"La Tribune de l&#8217;Art","provider_url":"https:\/\/www.latribunedelart.com","title":"1914-1918. Le patrimoine s&#8217;en va-t-en guerre","author_name":"B\u00e9n\u00e9dicte Bonnet Saint-Georges","width":"800","height":"600","url":"https:\/\/www.latribunedelart.com\/1914-1918-le-patrimoine-s-en-va-t-en-guerre","html":"\u003Ch4 class='title'\u003E\u003Ca href='https:\/\/www.latribunedelart.com\/1914-1918-le-patrimoine-s-en-va-t-en-guerre'\u003E1914-1918. Le patrimoine s&#8217;en va-t-en guerre\u003C\/a\u003E\u003C\/h4\u003E\u003Cblockquote class='spip'\u003E\u003Cp\u003ELe Teuton, \u00e9ternel destructeur\u2026 \u00c0 l\u2019occasion du centenaire de la Grande Guerre, la Cit\u00e9 de l\u2019architecture revient sur la mani\u00e8re dont, en France, le patrimoine devint un outil de propagande contre l\u2019ennemi, un moyen d\u2019exacerber le sentiment patriotique et d\u2019encourager les pays neutres \u00e0 s\u2019engager. Malgr\u00e9 l\u2019espace d\u2019exposition relativement restreint, les commissaires ont r\u00e9uni un ensemble d\u2019\u0153uvres et de documents tr\u00e8s vari\u00e9s accompagn\u00e9s de cartels comment\u00e9s. Le parcours s\u2019ouvre sur le pouvoir des images. En 1914, les incendies de la biblioth\u00e8que de l\u2019Universit\u00e9 de Louvain et de la cath\u00e9drale de Reims marqu\u00e8rent les esprits&nbsp;; les artistes s\u2019en firent les t\u00e9moins plus ou moins directs. Gustave Fraipont montre ainsi une image tragique de la cath\u00e9drale en flammes, r\u00e9alis\u00e9e &#171;&nbsp;d\u2019apr\u00e8s le croquis d\u2019un t\u00e9moin&nbsp;&#187;, mais consid\u00e9r\u00e9e finalement comme un t\u00e9moignage objectif, lavement diffus\u00e9, que l\u2019on retrouve m\u00eame sur un jeux de cubes, parce que &#171;&nbsp;le souvenir du crime doit s\u2019insinuer dans l\u2019\u00e2me de l\u2019enfant1&nbsp;&#187;. Les caricatures opposent la culture fran\u00e7aise au &#171;&nbsp;bouillon de kulture&nbsp;&#187; germanique, le kaiser Guillaume II est d\u00e9sign\u00e9 comme &#171;&nbsp;l\u2019empereur des Vandales&nbsp;&#187;2. C\u2019est une guerre id\u00e9ologique que se m\u00e8nent les intellectuels des deux pays&nbsp;: dans le Manifeste des 93 , les Allemands se d\u00e9fendent des atrocit\u00e9s dont on accuse leur arm\u00e9e, et justifient la destruction de biens culturels, lorsqu\u2019elle est exig\u00e9e par la victoire ou la protection des vies humaines. Les historiens fran\u00e7ais r\u00e9pliquent en fustigeant cette &#171;&nbsp;barbarie savante&nbsp;&#187;. Certains dessinateurs d\u00e9tournent les images comme celle que Fritz Eler avait intitul\u00e9e\u003Ci\u003E Le Gros Mensonge,\u003C\/i\u003E montrant l\u2019Allemagne incarn\u00e9e par un colosse qui sait ma\u00eetriser sa force et prot\u00e9ger un monument de sa main gauche tandis que son poing droit s\u2019abat sur les maisons alentours. Le Comit\u00e9 catholique fran\u00e7ais d\u00e9tourna l\u2019image et fit de ce colosse un destructeur de cath\u00e9drale.\u003C\/p\u003E\u003C\/blockquote\u003E\n"}