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Notre-Dame : la faillite de l’État
Depuis l’incendie de Notre-Dame, il y a un mois presque jour pour jour, pas une seule fois un responsable politique, qu’il s’agisse du président de la République, du Premier ministre ou du ministre de la Culture, n’a reconnu les graves manquements de l’État dans ce drame, ou même ne s’est interrogé à ce sujet. Bien au contraire, les cendres de la charpente à peine froides, ils ont tous cherché à en tirer un avantage politique, voire à utiliser ce drame pour le transformer en un grand chantier présidentiel comme avaient pu l’être la création du Musée d’Orsay et l’agrandissement du Louvre.
« Pas de polémique », « union nationale » : voilà les mots d’ordre de ceux qui auraient pu désamorcer ce débat en reconnaissant honnêtement cette responsabilité écrasante, qui n’est évidemment pas seulement celle du gouvernement Philippe, et en annonçant des mesures fortes pour qu’on ne voie plus jamais cela.
Il est temps pourtant de faire ici la liste des manquements qui, s’ils ne sont pas la cause directe du drame, l’ont rendu possible ou en ont aggravé les conséquences.
– L’absence d’une législation plus contraignante pour les chantiers organisés sur les monuments historiques ; nous l’avons répété à plusieurs reprises : il n’y a pas de règles différentes pour des travaux sur une cathédrale qu’il n’y en a pour un édifice sans aucun intérêt architectural.
– Le sous-financement chronique des monuments historiques ; quand on rogne sur tout, on mène des chantiers au rabais, on les multiplie en fonction de l’argent qu’on réussit à obtenir plutôt que de mener des travaux d’ensemble et coordonnés, et on ne va pas au delà de la réglementation insuffisante.
– Le gouvernement a ignoré et n’a tiré aucune conséquence du rapport de 2016 [1] qui pointait l’insuffisante protection de Notre-Dame contre les incendies.
– Paris ne disposait d’aucun bras articulé de…