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Menaces sur l’ancien hôpital La Rochefoucauld
Situé entre l’avenue du Général Leclerc et l’avenue René Coty, l’ancien hôpital La Rochefoucauld est un monument à la fois très connu (il est visible d’un côté - ill. 1 - comme de l’autre - ill. 2 - au milieu d’un grand jardin), et très méconnu : qui peut se targuer d’y être déjà entré, ne serait-ce que pour en faire le tour extérieur ?
Photo : Didier Rykner
Ancien hôpital de La Rochefoucauld, 1780
Vu du côté de l’avenue René Coty
Photo : Didier Rykner
Un chef-d’œuvre de l’architecture de la fin du XVIIIe siècle
Il s’agit d’un bâtiment de première importance, œuvre de Jacques-Denis Antoine, l’un des plus grands architectes de la seconde moitié du XVIIIe siècle, dont la construction la plus célèbre est la Monnaie de Paris [1].
C’est en 1780 qu’il est chargé de construire cette « Maison royale de la Santé », née à l’initiative du père Gérard, provincial de l’ordre de la Charité. À cette époque, le lieu est encore hors la ville, en pleine campagne. Le financement est trouvé grâce à des dons du clergé et de la Couronne, mais aussi de Madame de La Rochefoucauld-Doudeauville, qui lui laissera son nom en 1821. L’hôpital, ou plutôt l’hospice, est « destiné à des ecclésiastiques et des militaires dépourvus de fortune [2] ».
À l’origine, comme on le comprend d’une vue aérienne (ill. 3), le parc était beaucoup plus étendu. Du côté de l’entrée, sur l’avenue du général Leclerc, il a été amputé par la construction d’un bureau de poste qui a au moins le mérite d’être un bâtiment bas d’un seul étage, tandis qu’à l’arrière, l’avenue du Général Leclerc et la voie de chemin de fer (RER B) sont venues le réduire de manière encore plus drastique. Il possède néanmoins de beaux restes, auxquels s’ajoute un « regard » (ill. 4), petit édifice donnant sur l’aqueduc Médicis permettant d’alimenter l’hospice en eaux.
Photo : Didier Rykner
Lingerie (à droite), 1823
Photo : Didier Rykner
Photo : Didier Rykner
Il faut signaler également le bâtiment de la lingerie (ill. 5 et 6), construit en 1823 par Jean-Jacques-Marie Huvé, que l’on voit avec une grande aile principale et deux petites ailes en retour, au nord du monument, ainsi qu’un poste de garde à gauche de l’entrée, et que l’ancienne maison du directeur (ill. 7), à droite, sans doute surélevée dans la première moitié du XIXe siècle.