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- Kim Pham
Administrateur général du Louvre
Photo : Musée du Louvre - Voir l´image dans sa page
Nous l’écrivons régulièrement depuis le vol du 19 octobre au Louvre : les preuves qui s’accumulent pour démontrer l’impéritie de la gestion de la présidence du Louvre imposeraient, dans n’importe quelle démocratie qui se respecte, la démission de Laurence des Cars. L’acharnement n’est pas le nôtre, mais celui de l’Élysée et, par ricochet, du ministère de la Culture, qui s’obstinent à la maintenir dans sa fonction.
Pourtant, des têtes vont sauter. Nous savons en effet de source certaine - et ceux qui lisent La Tribune de l’Art savent que nos informations sont fiables - que deux des dirigeants du Louvre sont fortement sur la sellette : le numéro deux, soit l’administrateur général Kim Pham, et la directrice de la sécurité, Dominique Buffin.
Si leur responsabilité est, évidemment, engagée dans ce fiasco, leur faire porter le chapeau à eux, et à eux seuls, serait inacceptable. Ils serviraient ainsi de fusibles à la présidente-directrice qui, au sein du musée, a tous les pouvoirs ou presque. Cela serait par ailleurs très mal vu par le reste du personnel, qui n’est pas dupe.
Rappelons les faits : Laurence des Cars n’est pas seulement présidente de l’établissement public, elle en est également la directrice, ce qui signifie qu’elle exerce un rôle opérationnel fondamental, d’autant plus fort qu’un établissement public comme le Louvre bénéficie d’une large autonomie : il est doté d’une personnalité morale et il dispose d’un budget propre. Si sa tutelle est le ministère de la Culture, qui propose au président de la République la nomination du président-directeur, son indépendance est réelle, même s’il doit lui rendre des comptes. Ceci est d’autant plus vrai que les ministres passent - tous les deux ans en moyenne - et que les présidents-directeurs restent - nommés pour cinq ans, ils peuvent être renouvelés deux fois trois ans.
Nous l’avons déjà dit, et la Cour des comptes également : le Louvre est riche, et il aurait pu agir beaucoup plus rapidement en termes de sécurité. Il a pourtant - contrairement à ce que ne cesse d’affirmer Laurence des Cars - négligé cet aspect pour mener à bien le projet « Nouvelle Renaissance », qu’elle a elle-même imaginé et dont elle a convaincu le président de la République de faire son grand œuvre. C’est elle la responsable, bien davantage que l’administrateur général, qui se trouve sous ses ordres, et la directrice de l’Accueil du Public et de la Sécurité, qui lui est directement rattachée.
Oui, les responsabilités doivent être prises. Mais pas au niveau de lampistes, qui ont par ailleurs été nommés par la présidente actuelle. Le Louvre ne peut pas continuer sur cette trajectoire, dirigé par quelqu’un qui ne se remet pas en cause et qui n’a manifestement pas sa place à ce poste.