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Le naufrage de l’Ecole nationale de la Marine marchande
Avertissement : Bien que le bâtiment concerné sorte en principe de notre champ couvert (qui s’arrête à la fin des années 30), nous avons tenu à le publier, comme nous avions également publié deux articles sur des destructions patrimoniales de monuments antérieurs au Moyen Âge qui constitue notre deuxième limite chronologique (voir ici et ici). En effet, cette affaire est emblématique de plusieurs de nos combats : celui pour la protection des monuments non protégés, celui du démantèlement d’ensemble mobiliers, et celui du quasi blanc-seing donné à France Domaine pour brader notre patrimoine. Remarquons néanmoins que l’architecte, actif dès le début des années 20, travaille ici dans un « style paquebot » proche de l’Art déco.
Nous n’avons été informé de cette affaire qu’hier, et nous avons reçu aujourd’hui le texte de Bernard Toulier. Nous avons souhaité le publier rapidement compte tenu du vote qui doit intervenir demain lundi au conseil municipal de Sainte-Adresse pour l’achat du monument, sans avoir donc la possibilité matérielle de demander leur réaction aux personnes, administrations et collectivités concernées. Elles peuvent bien entendu nous envoyer leurs remarques que nous publierons.
Ajoutons dans ce préambule que cette affaire, qui concerne une œuvre remarquable à la fois architecturale et technique, vient à point nommé pour tester les capacités de réaction du nouveau gouvernement et de la nouvelle ministre de la Culture face à une menace évidente contre notre patrimoine.
Un ensemble patrimonial exceptionnel pour l’histoire maritime française est en train de sombrer sous les coups de France Domaine et avec la complicité de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Normandie. La dernière torpille administrative est lancée et doit atteindre ce navire le 22 mai prochain, date de la réunion du Conseil municipal qui devrait décider de l’achat de ces bâtiments par la commune.
École nationale de la marine marchande, 1961
Sainte-Adresse
Photo : Jacques Lalanne
École nationale de la marine marchande, 1961
Sainte-Adresse
Carte postale ancienne
En juillet 2015, jusqu’alors sur le site de Sainte-Adresse, l’École Nationale Supérieure Maritime (ill. 1 à 4), est transférés sur le nouveau site du Havre. Les bâtiments prestigieux de l’ancienne école avaient été construits spécifiquement pour les besoins de formation des élèves officiers et incluaient outre des salles de cours, une passerelle avec des instruments d’observation pour la navigation et une salle des machines (ill. 3) comprenant un ensemble de machines à vapeur en fonctionnement réel. Ce lieu d’enseignement exceptionnel, descendant de la prestigieuse École d’hydrographie, est aujourd’hui en parfait état de fonctionnement. Il est entretenu depuis 2015 par la Société TwT, qui loue ces locaux à France Domaine et propose des sessions de formation à destination des industries utilisatrices d’installations à vapeur de forte puissance ; les machines servent encore aujourd’hui de support d’enseignement.
École nationale de la marine marchande, 1961
Salle des Machines
Sainte-Adresse
Photo : Jacques Lalanne
Les cinq bâtiments de cet ensemble d’enseignement, situés face à la mer, sur des terrains à forte valeur immobilière du cap de La…