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L’Inguimbertine : la nouvelle bibliothèque-musée de Carpentras

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« La plupart de nos maladies proviennent de notre nature corruptible et de notre ignorance, mais toute consolation et toute guérison viennent de Dieu et de la science. »

Toute crise de foi(e) peut être soignée et sans doute les malades se sentaient-ils déjà mieux lorsqu’ils lisaient ces quelques lignes inscrites sur les murs de l’hôtel-Dieu de Carpentras ouvert en 1760 grâce à monseigneur d’Inguimbert.


1. L’Inguimbertine, bibliothèque-musée installée dans l’hôtel-Dieu de Carpentras
Photo : Ville de Carpentras
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Monseigneur d’Inguimbert, évêque de Carpentras

Joseph-Dominique d’Inguimbert, natif de la ville, entra très jeune chez les Dominicains, puis partit pour Rome en 1707. Il devait y séjourner quelques mois, il y resta vingt-six ans. En 1715, il délaissa les Dominicains pour les Cisterciens et choisit de suivre la règle rigoureuse de la Trappe, prenant alors le nom de dom Malachie. Sans doute l’austérité de la vie monastique n’était-elle pas faite pour lui ; présenté en 1728 au cardinal Laurent Corsini, futur Clément XII, il finit par devenir confesseur du pape et conservateur de sa bibliothèque. Mais les rivalités et les inimitiés entrainèrent sa mise à l’écart : il fut nommé en 1735 évêque de Carpentras.
Dès 1750, monseigneur d’Inguimbert fonda l’hôtel-Dieu afin de soigner les malades les plus nécessiteux. Cinq ans auparavant, il avait ouvert une autre institution : la bibliothèque-musée. Elle conservait sa collection personnelle de livres - des milliers - et d’objets d’art - plusieurs centaines - qu’il souhaitait mettre à la disposition des intellectuels de son temps, désireux de créer un temple des muses où l’on pouvait lire et contempler. Car les œuvres d’art sont des « livres muets » et « le plaisir des yeux est un adjuvant à l’étude », affirmait le père jésuite Claude Clément.


2. L’Inguimbertine, bibliothèque-musée installée dans l’hôtel-Dieu de Carpentras
Photo : Ville de Carpentras
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A sa mort en 1757, Monseigneur d’Inguimbert légua sa collection à la ville de Carpentras. D’abord installée dans l’hôtel Grandis de Pomerol, elle déménagea en 1847 dans l’hôtel d’Alleman. L’endroit était relativement petit, peu adapté à la réception du public, et les collections éparpillées dans la ville, entre les musées Comtadin, Sobirats, la chapelle des Visitandines. Il fallait trouver un espace suffisamment grand pour mettre en valeur cette bibliothèque qui avait la spécificité d’être aussi un musée. Elle fut d’ailleurs classée en 1897 parmi les bibliothèques municipales les plus importantes de France.
Or l’hôtel-Dieu était vide depuis 2002 ; l’annexe de l’hôpital qu’il abritait avait été transférée dans un nouveau pôle santé. Il fut donc décidé de réhabiliter les quelque 10 000 m2 du monument afin d’y déployer les collections de monseigneur d’Inguimbert, enrichies au fil des décennies par plusieurs mécènes originaires de la région, Casimir Barjavel,…

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