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L’excellent rapport de la commission d’enquête sur la sûreté des musées est paru

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Alexandre Portier et Alexis Corbière à
la conférence de presse du 13 mai
Photo : Didier Rykner

La Tribune de l’Art est suffisamment critique envers les politiques pour ne pas remarquer quand ceux-ci rendent ses lettres de noblesse à leur mandat. La Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la sûreté dans les musées, initiée par Alexandre Portier, qui l’a présidée, et dont le rapporteur est Alexis Corbière, s’est non seulement déroulée dans un excellent climat, bien que les deux députés soient dans des groupes assez différents [1], mais son rapport est remarquable. Il a d’ailleurs été voté, de manière transpartisane, à l’unanimité de tous les groupes.

Pour faire mieux comprendre comment ils sont arrivés à leurs recommandations, au nombre de quarante, presque toutes pertinentes, le rapport prend le temps de rappeler le contexte des musées français, dans une synthèse que chacun pourrait lire avec profit. Alors que nous regrettons souvent les approximations et erreurs que commettent les parlementaires [2], nous n’y avons trouvé pratiquement aucune erreur de fond ; chaque proposition est étayée, et nous adhérons à la plupart des constats effectués.

Les deux parlementaires ont présenté ce matin à la presse les conclusions de leur commission. Il faut d’abord noter que ceux-ci ont complètement validé les analyses que nous faisons ici-même sur le Louvre depuis le vol, et même avant. Ils ont repris à leur compte le terme qualifiant ce musée d’« État dans l’État », une expression employée par un syndicaliste, cité dans le rapport, mais que nous utilisions déjà en 2013 (voir cet article) !
Ils se sont par ailleurs montrés très sévères pour la gestion du Louvre par Laurence des Cars, à la fois sur la supposée priorité donnée à la sécurité et à la sûreté, qui n’était en réalité en aucun cas au cœur de ses préoccupations, mais aussi sur le schéma directeur et le retard pris, que nous avons souligné à plusieurs reprises, et dont ils confirment qu’il était à la fois réel et injustifié. Comme le dit Alexis Corbière : « les critiques formulées contre le schéma précédent n’étaient pas toujours fondées, puisque les problématiques soulevées y étaient déjà largement prises en compte ». Sa conclusion est qu’au moins « vingt à vingt-sept mois ont été perdus », et que sans refaire l’histoire, « quand des investissements sont retardés, quand des décisions sont repoussées et qu’un cambriolage survient ensuite, on ne peut pas ne pas se poser de questions ».

Tout cela bien sûr, et beaucoup d’autres choses, se retrouvent dans le rapport. Celui-ci est si riche qu’il nous sera difficile de tout analyser. Mais le lecteur pourra le lire avec profit, sur le site de l’Assemblée nationale. Nous essaierons néanmoins d’en retenir l’essentiel en suivant le regroupement des quarante recommandations en six objectifs comme le proposent le rapporteur et le président dans un document donné à l’issue de la conférence de…

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