L’étrange soutien à Rocher-Mistral du préfet des Bouches-du-Rhône

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Ouvrier en train de percer un platane au château de La Barben
Photo : La Tribune de l’Art
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Le tribunal administratif d’Aix-en-Provence a rejeté le recours du préfet des Bouches-du-Rhône, qui est aussi celui de la région PACA. Celui-ci voulait ouvrir un chemin à la circulation des voitures pour permettre aux visiteurs du parc Rocher-Mistral, condamné pénalement en première instance pour de multiples infractions à la loi, de stationner sur un parking illégal que ses propres services avaient interdits.
Rien qu’écrire cette phrase est presque surréaliste, d’autant qu’on pourrait ajouter que le préfet osait accuser le maire du village de « détournement de pouvoir et de procédure », ce qui est particulièrement grave.

Mais qui est dans l’abus de pouvoir ici ? Le maire ou le préfet ? Comment ce dernier peut-il justifier sa position ? On peine à croire qu’il soit réellement à la manœuvre. On peine aussi à penser que le ministère de la Culture, dont la DRAC a pour l’instant pris ses responsabilités - parfois timidement car les travaux non autorisés à l’intérieur du château ne font pour l’instant pas l’objet de procédure judiciaire -, soit dans le camp des défenseurs de Rocher-Mistral.

Il faut donc s’interroger sur l’action du plus haut niveau de l’État. Quelles pressions, et venant de qui, ont pu avoir lieu pour forcer un préfet qui avait jusqu’à aujourd’hui plutôt bonne réputation, à se fourvoyer ainsi ?
L’association de lutte contre la corruption politique Ethicpol s’est depuis septembre dernier intéressée à cette affaire en faisant un signalement au procureur de la République où elle rappelle les multiples manquements à la loi constatés sur le site. Elle constate par ailleurs : « que le jugement ne prend pas en considération les atteintes graves à l’environnement, d’autant que Rocher-Mistral vient de saccager des arbres classés (voir l’article) » et recherche sur tous ces aspects, mais aussi sur la question de l’utilisation des fonds public, des avocats spécialisés, notamment dans les questions environnementales, qui accepteraient de prendre en charge ce dossier, « Pro Bono ».

La Tribune de l’Art, engagée pour la protection du patrimoine, encourage bien sûr ses lecteurs avocats qui auraient les mêmes combats à cœur à prendre contact avec cette association. Il est vraiment temps de mettre un terme à cette mauvaise comédie.

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