L’église de Gesté définitivement sauvée

Didier Rykner
Gesté (Maine et Loire)
L’Eglise Saint-Pierre-aux-Liens et
son chœur néo-gothique dominant le village.
Photo : D. Rykner
Voir l´image dans sa page

10/12/12 - Patrimoine - Gesté, église - Par un arrêt rendu le 5 décembre 2012, le Conseil d’État a formellement rejeté la demande de pourvoi en cassation de la Mairie de Gesté qui voulait faire annuler la décision du tribunal administratif de Nantes s’opposant à la démolition de l’église [1] (voir ici et ici).
La mairie a ainsi épuisé tous les recours, et cette décision exemplaire devrait faire jurisprudence. On se rappelle en effet que le permis de démolir avait été annulé par le tribunal administratif car celui-ci estimait que l’église présentait un intérêt architectural bien que n’étant ni inscrite, ni classée. La cour avait par ailleurs contesté l’affirmation de la mairie que le bâtiment menaçait ruine, une affirmation fausse comme nous avions pu le constater lorsque nous nous étions rendu sur place. L’absence de protection n’est donc plus une raison suffisante pour démolir un monument. Il est d’ailleurs anormal, nous l’avons déjà dit, que la DRAC n’ait pas cru bon de protéger cette église dont la qualité est évidente et encore accentuée par la manière dont elle s’insère harmonieusement dans le village.

Nous avons voulu obtenir une réaction du maire mais celui-ci nous a répondu que pour l’instant il ne souhaitait pas réagir, qu’il devait se réunir avec ses adjoints et qu’il communiquerait directement avec la population.
Il reste qu’il devra désormais restaurer cette église, une opération certainement moins coûteuse, quoi qu’il en dise, qu’une démolition-reconstruction.

Si l’on était cruel, nous renverrions le lecteur à la page du site de la commune de Gesté où l’on explique doctement que l’édifice n’est « en aucun cas un monument historique », qu’il tombe en ruine et que sa restauration serait trop coûteuse, une argumentation que le Conseil d’État a balayée d’un revers de main. Un pourvoi en cassation ne peut en effet être admis « si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ».

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