Contenu abonnés
L’édition 2026 du Salon du Dessin
English version coming soon.
Que penser de cette édition de la plus attachante des foires, qui s’effeuille jusqu’au lundi 30 mars sous les augustes voûtes du Palais Brongniart ? Assez soucieuse de se renouveler, par petites touches, celle-ci a mis en place un parcours intitulé « jeunes collectionneurs » mais dont les étiquettes sauront aussi séduire ceux qui ne sont pas prêts à dépenser plusieurs centaines de milliers d’euros ou de dollars pour un dessin tandis qu’on retrouve avec plaisir le traditionnel stand des anonymes. Commençons cependant avec quelques chefs-d’œuvre comme les deux magnifiques allégories de Grégoire Huret (ill. 1 et 2) qui trônent encore sur le stand de la galerie De Bayser bien qu’elles aient été vendues dès le vernissage. Très réussie, la sélection (qui se déploie autour d’un formidable Prudhon) s’accompagne également d’un catalogue en ligne.
Figure allégorique de l’honneur
Plume et encre brune, lavis gris, traces de stylet - 34,3 x 18,4 cm
Photo : Galerie De Bayser
Figure allégorique de la vertu
Plume et encre brune, lavis gris, traces de stylet - 34,3 x 18 cm
Photo : Galerie De Bayser
De l’avis général, l’édition 2026 du Salon du Dessin ne se caractérise pas exactement par une abondance de feuilles majeures, ce qui n’ôte rien à son charme ni - surtout - à son dynamisme puisque tout ce qu’il y avait de mieux a été très rapidement vendu et parfois même remisé au bout d’un jour ou deux ! Savante mais aussi chaleureuse, l’ambiance de la foire est aussi appréciable que d’habitude et l’on observe avec un vif intérêt l’arrivée de nouveaux exposants qui ne sont cependant pas inconnus des amateurs. Citons ainsi Tyr Baudouin de la galerie Lowet de Wotrenge, qui dévoile ici (avec Jonathan den Otter) une riche sélection d’œuvres flamandes et néerlandaises également assortie d’un catalogue dans lequel nous avons retenu les quatre dessins de Sébastien Vrancx (ill. 3) préparatoires aux tapisseries issues de la Tenture d’Héro et Léandre qui fut tissée à Mortlake, importante redécouverte pour laquelle on doit espérer un destin muséal. Venant régulièrement à Paris, la galerie anversoise devait à nos yeux naturellement intégrer la foire où les marchands nordiques restent rares et où on se réjouit toujours de voir de jeunes galeristes spécialisés en dessin ancien.
Quatre dessins pour la Tenture d’Héro et Léandre
Plume et encre noire, aquarelle et gouache
Photo : Galerie Lowet de Wotrenge
S’il devient en effet rare de pouvoir découvrir des feuilles « vraiment » anciennes, le XIXe et le XXe siècle se taillant désormais la part du lion au Salon du Dessin, on peut recommander sans hésiter le stand que Florian Härb et Liberté Nuti partagent cette année avec Mark Brady. Leur accrochage, somptueux, est aussi…