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Hugo décorateur

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Maison de Victor Hugo, Paris, du 13 novembre 2025 au 26 avril 2026

À défaut de patrie, il avait une maison, qu’il habilla avec une frénésie pointilleuse et un monceau d’objets hétéroclites. Victor Hugo, le poète, le romancier, le dramaturge, l’homme politique, était aussi décorateur. Et la preuve la plus éclatante de ce talent caché est la maison qu’il occupa sur l’île de Guernesey. Mais la décora-t-il pour tromper le temps et combler le vide durant son exil ? Auquel cas, ce divertissement d’un génie désœuvré méritait-il qu’on lui consacrât une exposition et un livre ? Assurément. Car non seulement Hugo ne faisait rien dans la demi-mesure, mais il nourrissait une passion pour la décoration bien avant d’être banni de France ; ornés du sol au plafond, ses appartements parisiens, déjà, étaient des œuvres d’art total. Seulement voilà, non seulement il n’écrivit pas grand-chose sur cette occupation, mais il déménagea beaucoup, de la rue de Vaugirard à la rue de La Tour d’Auvergne en passant, bien sûr, par la place Royale (actuelle place des Vosges) qui abrite aujourd’hui son musée.


1. Vue de l’exposition
Table provenant de la vente de 1852
Fontaine aux serpents, XVIIIe siècle
Bannière ottomane, XVIIe siècle
Photo : bbsg

Directeur des deux maisons-musées - à Paris et à Guernesey - Gérard Audinet a entrepris de fastidieuses recherches pour tenter de reconstituer les différents décors hugoliens, qui n’eurent pas tout à fait la même fonction selon l’époque. Avant l’exil, les intérieurs étaient des manifestes : ils se devaient d’être à l’image du chef de file du romantisme. Les œuvres des amis, tels Louis Boulanger et David d’Angers, se mêlaient aux objets les plus intrigants, ici une bannière ottomane du XVIIe siècle, là une fontaine aux serpents du XVIIIe siècle (ill. 1). Sans oublier, bien sûr, les cadeaux prestigieux ostensiblement exposés, ces assiettes de Sèvres par exemple, accrochées au mur : issues du service des Attributs des petits repas, elles furent offertes par…

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