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Hubert Robert & Fragonard. Le sentiment de la nature
Valence, Musée d’art et d’archéologie, du 7 mars au 21 juin 2026.
Voilà d’abord une exposition qui se parcourt avec plaisir de salle en salle, au fil de la belle amitié artistique née dans les ruines de Rome où dessinaient les jeunes artistes français, envoyés par Natoire se former sur le motif, et qu’on croit presque identifier dans l’une des superbes sanguines (ill. 1) qui font la réputation du Musée de Valence, depuis le legs fondateur de Julien Victor Veyrenc, en 1835-1836. Près de deux siècles plus tard, Valence demeure comme une autre patrie pour Hubert Robert, son musée ayant parfaitement su valoriser et étoffer ce fonds qui fait encore sa fierté légitime. Il faut ainsi saluer les organisatrices de cette superbe exposition où l’on déambule des rives du Tibre à celles de la Seine, en suivant la carrière de deux artistes attachants, bien que de caractères et d’intérêts assez différents. Fort peu de surprises attendent les spécialistes mais le parcours, destiné aux amateurs comme aux néophytes, reste très clair et permet de réétudier les trop fameux « Fragobert », avec de stimulantes réattributions proposées par la spécialiste Sarah Catala, élève-conservatrice à l’INP.
Les Dessinateurs au Palatin, vers 1761-1762
Sanguine - 33,5 x 44,7 cm
Musée de Valence
Photo : Philippe Petiot
Cheville ouvrière du projet proposé par le Musée de Valence, celle-ci possède depuis plusieurs années une connaissance intime des œuvres des deux artistes, nourrie au fil des expositions et surtout du marché de l’art qui lui a permis de tenir en main des dizaines d’œuvres d’Hubert Robert. C’est, bien sûr, un atout pour une conservatrice, puisque celle-ci est aussi familière des cabinets d’arts graphiques, tant publics que privés, et reste connue des lecteurs de La Tribune de l’Art pour ses expositions muséales [1] comme pour sa collaboration avec la galerie Coatalem où furent organisées les deux mémorables expositions consacrées à Hubert Robert (voir la brève du…