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Giovanni Segantini (1858-1899). Je veux voir mes montagnes
Paris, Musée Marmottan-Monet, du 29 avril au 16 août 2026.
le tableau La Morte, troisième panneau du triptyque de la Natura.
Pour le public français, Segantini (ill. 1) est aujourd’hui un inconnu. Depuis l’Exposition Universelle de Paris qui s’ouvrit le 15 avril 1900, sept mois après son décès, et où un large espace lui avait été réservé, il n’a été représenté que par de rares œuvres dans des expositions à thèmes. Le 19ème siècle en peinture est français et proposer un outsider de génie à Paris ne va pas de soi. Peu à peu, hors d’Italie et de Suisse, Segantini a cessé d’occuper une place dans l’inconscient collectif. Cet immense artiste est finalement arrivé à Paris, lui qui ne connut ni l’impressionnisme ni le post impressionnisme car son statut de « sans papier » l’empêchait de voyager et que les revues d’art italiennes ne commencèrent à en reproduire certains exemples qu’après sa mort.
Entre tableaux à l’huile et dessins, l’exposition contient soixante-trois œuvres. Le terme « rétrospective » n’est pas adapté. Trop d’œuvres clefs manquent, et il eut été préférable qu’en fonction du peu d’espace, d’autres en soient éliminées. De surcroit, la nature morte et le portrait, qui furent importants pour l’artiste dans ses années italiennes, ne sont presque pas représentés. A part la remarquable Oca appesa, pas vraiment une nature morte, aucun autre tableau n’illustre ce genre que l’artiste a pourtant pratiqué avec bonheur pendant presque dix ans (1879-1886). Quant au genre du portrait, il est représenté par deux très beaux exemples et trois autoportraits : le majestueux La falconiera de 1880, pour lequel a posé Bice Bugatti, compagne de l’artiste, et le visage tourmenté de Leopoldina Grubicy, de l’année suivante. Les autoportraits, exposés dans la rotonde d’entré, à côté des photos qui illustrent la vie de l’artiste, sont traités comme si, à l’instar de celles-ci, ils n’avaient qu’une fonction iconographique.…