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Fenêtres, de la Renaissance à nos jours Dürer, Monet, Magritte
Lausanne, Fondation de l’Hermitage, du 25 janvier au 20 mai 2013
Femme à la lorgnette, avant 1819
Huile sur toile - 40 x 32 cm
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Rouen
« Aucune femme d’écrivain ne comprendra jamais que son mari travaille quand il regarde par la fenêtre. » On peut adapter aux peintres la subtile analyse de Burton Rascoe [1], tout en épargnant les femmes auxquelles Van Gorp rend d’ailleurs malicieusement justice (ill. 1). La fenêtre est évidemment un topos de l’histoire de l’art tellement classique qu’il fallait de l’audace pour l’aborder. Sise dans la maison de Charles-Juste Bugnion au milieu d’un parc, depuis lequel on aperçoit le lac Léman, la Fondation de l’Hermitage [2] offrait un « cadre » idéal ; elle a relevé le défi en proposant pour la première fois une exposition iconographique, organisée en collaboration avec deux musées de Lugano : le Museo Cantonale d’Arte et le Museo d’Arte [3]. A Lausanne cependant, le parcours de visite obéit à un parti-pris quelque peu différent, non seulement parce qu’il déploie un nombre d’œuvres plus restreint, adapté aux contraintes des lieux, mais aussi parce qu’il est chronologique, entraînant le visiteur du XVe au XXIe siècle [4]. Le choix semble cohérent dans la mesure où le thème de la fenêtre traverse toute l’histoire de l’art et pourrait la raconter à lui seul. On ne trouvera pas forcément les chefs-d’œuvre qu’un tel sujet appelle spontanément, ne serait-ce que pour des difficultés de prêts, mais les commissaires ont su réunir un corpus suffisamment riche pour en évoquer les multiples facettes.
Portrait d’une jeune femme ou La Dame aux jasmins, 1485-1490
Huile sur bois, 75 x 54 cm
Forlí, Musei San Domenico, Pinacoteca Civica,
Difficile de ne pas commencer par Alberti. C’est l’occasion de rappeler que cette fameuse définition de la peinture comme une « fenêtre…