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Enfants et satyre : deux ventes Artcurial à Paris
24/3/26 - Marché de l’art - Paris - Un dromadaire au poil soyeux s’est invité dans la vente Artcurial du 25 mars prochain, dessiné par Jean-Pierre Houël ; celui-ci, fasciné par les animaux exotiques, les étudia au Jardin des Plantes et leur consacra un livre en 1803. Un peu plus glabre, beaucoup moins vif, un pauvre poulet s’est retrouvé tout déplumé, au bout d’une fourchette et sous le crayon de Jean-François Tourcaty. La feuille est préparatoire à une planche gravée pour illustrer le Manuel des amphitryons publié à Paris en 1808, qui contient, qu’on se le dise, Un traité de la dissection des viandes à table, la nomenclature des Menus les plus nouveaux pour chaque saison mais aussi - quoi de plus fondamental ? - des éléments de politesse gourmande ; autrement dit, voilà un Ouvrage indispensable à tous ceux qui sont jaloux de faire bonne chère, et de la faire faire aux autres.
Étude de tête d’homme de profil portant un masque de satyre, 1530-1540
Plume, encre brune et lavis brun - 11 x 7,5 cm
Vente Artcurial, Paris, le 25 mars
Photo : Artcurial
Il y a des animaux, et puis il y a des hommes qui jouent à faire la bête. L’un garde son visage caché derrière un masque de satyre, sur un dessin du Parmesan réalisé durant la dernière période de sa carrière, après son retour à Parme en 1530 (ill. 1). Le masque fut aussi l’accessoire des personnages de la Commedia dell arte, mais l’Arlequin de Thomas Couture, au XIXe siècle, a perdu de son insouciance : il s’échine à défendre, auprès de juges somnolants, son ami Pierrot accusé d’avoir volé quelques victuailles. Le dessin est préparatoire à un tableau conservé au musée de Cleveland, Pierrot en correctionnelle, dans lequel le peintre fustige le système judiciaire.