Départ de Xavier Salmon du Musée du Louvre

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Xavier Salmon
Photo : Musée du Louvre/F. Brochoire
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Cela aurait dû avoir lieu il y a trois ans. Mais, à la dernière minute, Xavier Salmon avait finalement vu son mandat renouvelé à la tête du département des Arts Graphiques. C’est désormais acté : celui-ci ne sera pas renommé pour trois ans supplémentaires et partira le 31 décembre 2025. L’appel à candidature pour son remplacement a été en effet publié.

Les lecteurs de La Tribune de l’Art ne s’étonneront pas que nous ne pleurions pas ce départ. Peu de gens le pleureront d’ailleurs. En douze années, Xavier Salmon avait réussi l’exploit de se mettre à dos une grande majorité des conservateurs (en France et à l’étranger), marchands et collectionneurs. Nous avons, à plusieurs reprises, décrit ici les conséquences de sa gestion : acquisitions discutables, à des prix souvent prohibitifs (voir par exemple cet article, ou celui-ci), acquisitions négligées (voir cet article), non classement trésor national d’œuvres pourtant essentielles pour le patrimoine français (voir cet article)), mauvaises manières envers les autres musées (voir par exemple cet article ou cet article), pratiques managériales pour le moins étranges (voir cet article), conditions de prêts absurdes (voir cet article), même si, depuis, celles-ci se sont quelque peu assouplies), expositions médiocres (voir cet article)…

Et encore, nous sommes loin d’avoir tout raconté. Comme cette exposition d’une collection privée de portraits, organisée à Versailles, avec de nombreuses attributions contestées, et qui est passée peu de temps après en vente aux enchères ; ou le refus de venir chez certains marchands qui exposent pourtant des œuvres potentiellement intéressantes pour les collections du Louvre ; ou encore des discussions d’une mesquinerie abyssale afin de minimiser la valeur fiscale de certains dons faits au musée. Oui, nous ne regretterons pas Xavier Salmon à la tête du département des Arts Graphiques, même si nous sommes un peu inquiets de savoir où il poursuivra sa carrière, car il est encore loin de l’âge de la retraite.
On peut également se demander qui le remplacera. C’est peu dire que, même s’il compte quelques conservateurs estimables, ce département - qui joue également le rôle de Grand Département Patrimonial auprès des autres musées français pour les Arts graphiques - est sinistré. Or le Louvre, le « plus grand musée du monde » comme aime à le dire sa présidente, devrait être exemplaire sur tous les points. On en est très loin.

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