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- Présentation du rapport sur le Louvre par la Cour des comptes
Photo : Didier Rykner - Voir l´image dans sa page
Le rapport de la Cour des comptes sur le Louvre est accablant. Accablant pour la direction du Louvre, mais pas pour La Tribune de l’Art. Car même s’il le dit dans des termes sans doute plus policés que les nôtres, sa conclusion principale est très claire : le projet Louvre Nouvelle Renaissance a empêché les nécessaires travaux liés à la sécurité et aux bâtiments du musée, il n’est pas financé, et il n’a pas fait l’objet des études nécessaires. Nous avons écrit tout cela, avec la seule conclusion qui vaille : ce projet, imaginé par Laurence des Cars et que s’est approprié Emmanuel Macron, doit être abandonné. Si le rapport ne conclut pas explicitement comme cela - Pierre Moscovici indique que ce n’est pas le rôle de la Cour mais des pouvoirs publics d’en décider - tout y mène.
Un chiffre doit être mis en avant. Alors que celui de 800 millions d’euros au total pour le projet Nouvelle Renaissance circulait dans la presse, celui-ci est désormais estimé à 1 150 000 000 d’euros. Oui, vous avez bien lu : 1,15 milliards d’euros. Un montant totalement fou.
La Cour constate, comme nous ne cessons de le dire, que ce projet est en réalité formé de deux projets différents, réunis arbitrairement pour faire passer celui de la Colonnade. Celui correspondant à la rénovation du bâtiment (incluant la sécurité), est désormais appelé « Louvre Demain », tandis que celui de la Colonnade est intitulé « Louvre Grande Colonnade ».
Si le premier, indispensable, et d’un montant (pour les deux premières phases) de 480,8 millions, est finançable, comme nous le disions et comme le confirme la Cour, celui de la Colonnade ne l’est pas. Il est amusant, pour l’anecdote, de constater qu’il se monte désormais à 666,6 millions d’euros (oui, à 0,6 million près, c’est le chiffre du diable !).
Sur la question de la sécurité, le rapport n’est pas moins accablant. La sécurité n’a jamais été une « urgence absolue » pour Laurence des Cars.
Outre ce que nous lisons dans le rapport et qui a été écrit un peu partout, nous apprenons aussi deux informations qui démontrent ces négligences sur la sécurité. D’une part, une projection établie fin 2024 envisageait de « différer des travaux relatifs […] au schéma directeur de sûreté ». D’autre part, en 2022, l’unique indicateur relatif dans le contrat de performance de l’établissement relatif au « suivi de la mise en œuvre des schémas directeurs techniques » a été supprimé.
Nous reviendrons donc, en détail, sur ce rapport, ainsi que sur les points avec lesquels nous sommes en désaccord (notamment ceux sur les acquisitions et ceux sur les Amis du Louvre). En attendant, force est de constater que le problème du Louvre n’est pas le financement mais la priorisation et la hiérarchisation. Un problème de gouvernance donc. Il serait temps d’en tirer les conséquences.